Le Nombre de musulmans

Une personne sur quatre est musulmane dans le monde : 38 millions de musulmans européens

Les musulmans, plus d’un quart de la population mondiale ? Oui, à en croire la vaste enquête du centre de recherche indépendant Pew Research Center, publiée jeudi 8 octobre aux États-Unis, et qui révèle bien des surprises.

L’Indonésie demeure le premier pays musulman, avec 203 millions d’individus de confession musulmane. Photo : étudiantes de l’université islamique d’Indonésie.

Le chiffre : 1,57 milliard de personnes, soit une personne sur quatre dans le monde est musulmane. C’est ce qu’a révélé l’enquête du Forum américain de religion et de vie publique, le Pew Research Center, qui a promené sa loupe sur plus de 200 pays, qualifiant cette étude de « plus grand projet de ce type à ce jour ». Sa réalisation a duré plus de trois ans.

L’Indonésie occupe la première place

Alors que l’islam est souvent représenté dans l’imaginaire collectif comme corollaire du monde arabe, le rapport du centre américain rappelle – à qui ne le savait pas encore… − que l’Asie est le plus grand continent musulman : il contient en effet près des deux tiers des musulmans dans le monde, alors que seulement un musulman sur cinq vit au Proche-Orient ou en Afrique du Nord.
Le pays qui compte le plus de musulmans au monde est – rappelons-le − l’Indonésie. Selon l’étude, 88 % de sa population est de confession musulmane, soit près de 203 millions de personnes. L’Indonésie concentre ainsi à elle seule environ 13 % des musulmans de la planète.Deuxième dans le classement, le Pakistan, qui compte 174 millions de musulmans (96 % de sa population). Il devance l’Inde avec ses 161 millions (13,4 % de sa population).

L’Afrique subsaharienne compte des pays à forte majorité musulmane

Dans la région regroupant Proche-Orient et Maghreb, c’est l’Égypte qui compte le plus de musulmans, soit 78 millions ; suivie de l’Algérie (34 millions) et du Maroc (31 millions).Pour la même estimation en moyenne, c’est le Nigéria (78 millions) qui est en tête en Afrique subsaharienne, les musulmans constituant la moitié de sa population ; le Niger, le Mali ou le Sénégal comptent chacun quelque 12 millions de musulmans, mais ceux-là forment la majorité de la population à plus de 90 %.

90 % sont sunnites 

L’étude nous fait également rappeler que près de 90 % des musulmans sont sunnites, estimant qu’il y a entre 154 et 200 millions de chiites dans le monde. Plus d’un tiers d’entre eux sont en Iran.Autre fait notable qui met bas nombre de stéréotypes : le rapport révèle que les musulmans sont beaucoup plus nombreux en Chine (21 millions, 1,6 % de la population chinoise) qu’en Syrie (20 millions, mais 92 % de la population syrienne) ; en Russie (16 millions, 11,7 % de la population russe) qu’en Jordanie et en Libye (6 millions chacune) ; et leur nombre en Éthiopie équivaut à peu près à celui d’Afghanistan (28 millions).Du côté des Amériques, plus de la moitié des musulmans américains (4,6 millions) se trouvent aux États-Unis, soit environ 2,5 millions, mais ils ne constituent que 0,8 % de la population nord-américaine. Par contraste, le Canada compte un taux supérieur de 2 % de musulmans, soit 700 000 personnes.

L’Argentine est le pays d’Amérique latine comptant le plus grand
nombre de musulmans, avec 800 000 individus.

38 millions de musulmans en Europe :
la France est devancée par l’Allemagne
L’Europe compte environ 38 millions de musulmans. Ces derniers constituent près de 5 % du continent. Un musulman européen sur quatre vit en Russie.

Alors qu’en Europe de l’Est les musulmans sont une population plutôt récente, issus pour la plupart des vagues d’immigration, de Turquie, du Maghreb ou du Moyen-Orient, la population musulmane de Russie, d’Albanie, du Kosovo, de Bosnie-Herzégovine et de Bulgarie est déjà centenaire.Avec près de 4 millions de musulmans sur son territoire, l’Allemagne dépasse
la France (3,5 millions), que l’on croyait détenir le plus grand nombre. En Europe de l’Est, l’Allemagne est ainsi le pays qui concentre le plus grand nombre de musulmans vivant en minorité. À l’inverse, les pays qui concentrent le plus de musulmans sont le Kosovo (90 %), l’Albanie (80 %),
la Bosnie-Herzégovine (40 %) et
la République de Macédoine (33 %).
La Grèce compte environ 3 % de musulmans sur son territoire, et l’Espagne 1 %. L’Italie détient le plus faible nombre de musulmans, avec moins de 1 %. Étonnant pour des pays géographiquement proches du Maghreb.

En 2008, l’Osservatore Romano, organe du Vatican, publiait l’annuaire statistique de l’État pontifical et y déclarait que l’islam était devenu la première religion au monde, dépassant le catholicisme.

Seydi Khalifa Ababacar SY (RTA) (1885 – 1957)

Digne continuateur de Maodo, viatique pour la jeunesse

L’homme a tellement incarné le califat dans toute sa splendeur mais aussi la responsabilité et la charge symbolique qui le caractérise qu’il est permis de taire son nom en l’appelant par son titre Cheikh al-Khalifa ! Lorsqu’un titre finit, ainsi, par absorber un nom, c’est qu’il y a une parfaite incarnation du rôle et du statut 

l’âge de 37 ans, en cette année 1922 qui vit disparaître Cheikh El Hadji Malick Sy considéré en son temps par Serigne Thioro Mbacké comme « le pilier » de cette bâtisse qu’est l’Islam au Sénégal, Serigne Babacar Sy devait succéder à un homme dont il était, en même temps, la suite logique. Nourrie de cette culture du raffinement et de la délicatesse en grand Saint-louisien de naissance, Serigne Babacar Sy était cet homme de la situation, ouvert d’esprit et sur son monde, mais ferme dans ses principes et la défense de
la Tijâniyya. Le vide n’était, donc, ni permis ni possible après le travail d’enseignement et de formation de valeurs sûres au service de l’Islam que Maodo paracheva dans l’étape Tivaouanoise de sa vie de 1902 à 1922. 

Entre sa naissance en 1885 à sa disparition le 25 mars 1957, l’homme, lui-même, se dit n’avoir jamais s’être contredit ou trahir le sacerdoce. Cela ne suffirait-il pas comme leçon de vie et viatique pour toute quête de valeurs hors du communs ?
C’est peut-être pour cela, aussi, que Serigne Alioune Guèye place son califat dans l’ordre naturel et logique des choses (wa lâ ghrawa fî irthil walîdi bi wâlidin…. ) en insistant, dans son dâliya (poème avec rime en « d ») sur les qualités de l’homme de Dieu au-delà d’une filiation jamais considérée comme la source de ses propres dons divins (mawâhib).
Il était, en fait, ce ‘Abû Bakr de l’an 632 qui, en plein désarroi d’une communauté tourmentée par la disparition de la meilleure des créatures, remit les esprits dans des êtes perdues imaginant à tort le chaos. 

La présence physique de Serigne Babacar Sy était tellement rassurante que les générations successives qui ne l’ont pas connu en font pourtant leur modèle spirituel. C’est qu’il incarne réellement ce modèle parfait qu’il soit rêvé ou idéalisé dont on puise les valeurs les plus significatives pour disciple d’Al-Tijânî. Ce sont celles-là, d’ailleurs, que Cheikh al-Khalifa choisira pour composer son célèbre panégyrique (‘Ammat Mazâyâhu) où il vante les mérites de Shaykhunâ Tijânî. 

Pour Serigne Babacar Sy, Sîdî Ahmad Tijânî est celui qui, sans enfermer ses disciples dans le reclus, l’ascétisme et les retraites (Khalwa) est parvenu à leur assurer
la Tarbiya (l’éducation spirituelle), tout en réussissant le pari de l’Istiqâma (la droiture) « rabbâ bilâ khalwatin ashâbahû alanan Hatta-staqâmû fa yâ lilahi manhâhu). Mais, au-delà, aussi, de cet émerveillement face aux vertus inédites du fondateur de
la Tijâniyya dont il demeurera l’un des plus illustres défenseurs, Serigne Babacar nous dévoile un des aspects de sa propre philosophie. 

Il est, en effet, cet homme de l’équilibre et de la mesure, parmi ces rares et enviables « gens de l’isthme ». Tout est équilibre et mesure dans l’attitude d’al-Khalifa, ses actes, ses paroles ainsi que l’image qu’il dégage, comme l’a si bien explicité Cheikh Ahmed Tidiane Sy Maktoum (Khoutawâtuhû, Kalimâtuhû, Lahazâtuhu….). 

Sa posture est finalement le symbole de ce trait d’union entre le temporel et le spirituel sans qu’aucun des deux ne déborde sur l’autre ni n’en phagocyte un seul pan. Son calme perturbant n’était pas celui du taciturne ou inaccessible tyran que les disciples n’osaient approcher, mais celui d’un homme simple dont le charisme (Hayba) rassurait plus qu’il n’apeurait. 

Pour ceux qui l’ont approché, l’imposante présence de cette rigoureuse personnalité avait quelque chose de rassurant. Cheikh El hadji Mansour sy Malick aborde cet aspect de son illustre frère, disposé, accessible mais intransigeant lorsqu’il s’agit de défendre les principes : une attitude dictée par le legs qu’il tenait à préserver « Aqâma bi-azmihi wa sawâbi hukmin, Kawâlidihi fa-ahsabahâ mubînâ » disait de lui Cheikh El Hadji Mansour Sy, communément appelé « Bal Khawmî », l’homme à la poésie inimitable. 

Un joyau, une perle rare comme
la Tarîqa Tijâniyya ne pouvait se passer d’armure comme les Rimâh d’El Hadji Omar perpétuant les enseignant d’Abul Abbâs. L’héritage était tellement lourd et la valeur incommensurable que le garant, après Maodo, était armé de toutes les qualités qu’exigeait la charge. 

Les personnes de notre génération ne l’ont connu que par le peu d’anecdotes que son admiratif entourage a transmis, tellement l’homme n’était pas celui des faits divers qui rendent poussiéreux les parcours relatés de bien des figures du passé.
Mais, étrangement, nous parlons, encore de Serigne Babacar Sy comme d’un contemporain. Son absence physique, avec sa disparition il y a plus de 50 ans, ne fait qu’accentuer sa présence dans le cœur d’une jeunesse qui s’identifie à lui. 

Serigne Cheikh Tidiane Sy avait bien raison de se demander si une telle figure qui, durablement gît dans les cœurs, pouvait être parmi les absents « Afa ghâba man sakana-l-qulûba Khalîla ? ». Sokhna Fatoumata Cissé Sy a su trouver les mots justes dans son beau poème dans lequel elle s’adresse à Serigne Babacar Sy en ces termes « Arbre de vie de la savane Tidiane, à tes branches solides nous resterons toujours accrochés ». Voilà exprimé tout l’état d’esprit des jeunes qui, tous les jours, pleurent celui qu’ils n’ont jamais vu ! 

Mais ce qui est inouï est l’exemplarité de la conduite, entourant la personnalité de Cheikh al-Khalifa, et cette manière dont il incarnait le bouclier pour parer à tout ce qui visait à nuire à l’islam. Une des voix Tijânies les plus autorisées de tous les temps, Cheikh El Hadji Abdou Aziz Dabakh, avait, lui aussi, choisi de le présenter sous ce jour (Sy yaay fadja Diiné ay daanam té niepp la war). Serigne Babacar Sy est l’une de ces figures dont l’Islam s’enorgueillit, se dressant contre toute corruption des valeurs et des enseignements originels. 

Cheikh al-Khalifa, c’est aussi le symbole de la modernité de
la Tijâniyya dans le sens d’un enseignement utile et constructif sur le champ du temporel qui n’a jamais entamé la profondeur et la densité spirituelle de cet érudit doublé d’un pédagogue paradoxalement peu loquace. 

En évoquant Serigne Babacar Sy, il est, sûrement, préférable de se situer sur le terrain d’une philosophie de vie que sur celui de la pure biographie. Sachant qu’aucune parole, même au risque d’une excessive prolixité, ne saurait épuiser tout le sens de son action ni tous les aspects de sa personnalité, le choix s’impose d’évoquer plutôt une attitude, une attitude d’esprit ou simplement un esprit. 

Puisque, comme l’a si bien dit Cheikh El hadji Abdou, il est permis de lui adjoindre tous les qualificatifs exprimant la vertu dans son essence avec des superlatifs absolus, à quoi bon alors s’étendre dans la description du communément admis ? Qul mâ tashâ’u min-al-amdâhi moo lako may !(Dis ce que tu veux dans son apologie, tu y es autorisé !) s’était exclamé Dabakh Malick ! 

Si d’aucuns conçoivent que c’est dans le silence que s’entassent tous les bruits, celui de Serigne Babacar Sy, loin d’être complice ou lâche, arrivait à lever toutes les équivoques tout en inspirant bien des éloquences. La rareté de son discours qui ne lui enleva son efficacité, ainsi comprise, on aura perçu le sens de l’enseignement Cheikh al-Khalifa. Il est incontestablement cet éducateur inégalé, ce pédagogue hors pair qui aura réussi un défi purement Muhammadien : la pédagogie par l’éthique du comportement. 

Quel meilleur modèle pour une jeunesse faisant face à de grands défis dont le principal, et non des moindres, est de perpétuer et de vivre les enseignements de
la Tijâniyya ? 

 

TARIKHA ET HAKHIHA

L’écorce et le noyau 

(El qishr wa el-lobb)* 

Ce titre, qui est celui d’un des nombreux traités de Seyidi Mohyiddin ibn Arabi, exprime sous une forme symbolique les rapports de l’éxotérisme et de l’ésotérisme, comparés respectivement à l’ enveloppe d’un fruit et à sa partie intérieure , pulpe ou amande (1). L’enveloppe ou l’écorce ( el-qishr ) c’est la shariyâh, c’est-à-dire la loi religieuse extérieure, qui s’adresse à tous et qui est faite pour être suivie par tous, comme l’indique d’ailleurs le sens de « grande route » qui s’attache à la dérivation de son nom. Le noyau ( el-lobb) , c’est la haqîqah, c’est-à-dire la vérité ou la réalité essentielle , qui, au contraire de la shariyâh, n’est pas à la portée de tous, mais est réservée à ceux qui savent la découvrir sous les apparences et l’atteindre à travers les formes extérieure qui la recouvrent, la protégeant et la dissimulant tout à la fois (2). Dans un autre symbolisme, shariyâh et haqîqah sont aussi désignées respectivement comme le « corps » ( el-jism) et le « moelle » ( el-mukh) (3), dont les rapports sont exactement les mêmes que ceux de l’écorce et le noyau; et sans doute trouverait-on encore d’autre symboles équivalents à ceux-là. Ce dont il s’agit, sous quelques désignation que ce soit, c’est toujours l’ « extérieur » ( ez-zâher) et l’ « intérieur » ( el-bâten), c’est-à-dire l’apparent et le caché , qui d’ailleurs sont tels par leur nature même, et non pas par l’effet de conventions quelconques ou de précautions prises artificiellement, sinon arbitrairement, par les détenteurs de la doctrine traditionnelle. Cet « extérieur » et cet « intérieur » sont figurés par la circonférence et son centre, ce qui peut être considéré comme la coupe même du fruit évoqué par le symbolisme précédent, en même temps que nous sommes ainsi ramené d’autre part à l’image, commune à toutes les traditions, de la « route des choses ». En effet, si l’on envisage les deux termes dont il s’agit au sens universel, et sans se limiter à l’application qui en est faite le plus habituellement à une forme traditionnelle particulière, on peut dire que la shariyah, la « grande route » parcourue par tous les êtres, n’est pas autre chose que ce que la tradition extrême-orientale appelle le « courant des formes », tandis que la haqîqah, la vérité une et immuable, réside dans l’  « invariable milieu » (4). Pour passer de l’une à l’autre, donc de la circonférence au centre, c’est-à-dire le « sentier », la voie étroite qui n’est suivie que par un petit nombre (5).  

Il y a d’ailleurs une multitude de turuq, qui sont tous les rayons de la circonférence pris dans le sens centripète, puisqu’il s’agit de partir de la multiplicité du manifesté pour aller à l’unité principielle : chaque tarîqah, partant d’un certain point; mais toutes , quel que soit leur point de départ, tendent pareillement vers un point unique (6), toutes aboutissent au centre et ramènent ainsi les êtres qui les suivent à l’essentielle simplicité de l’ « état primordial ».  

Les êtres, en effet, dès lors qu’ils se trouvent actuellement dans la multiplicité, sont forcés de  partir de là pour quelque réalisation que ce soit; mais cette multiplicité est en même temps, pour la plupart d’entre eux, l’obstacle qui les arrête et les retient : les apparences diverses et changeantes les empêchent de voir la vraie réalité, si l’on peut dire, comme l’enveloppe du fruit empêche de voir son intérieur; et celui-ci ne peut être atteint que par ceux qui sont capables de percer l’enveloppe, c’est-à-dire de voir le Principe à travers la manifestation, et même de ne voir que lui en toutes choses, car la manifestation elle-même tout entière n’en est plus alors qu’un ensemble d’expressions symboliques. L’application de ceci à l ’exotérisme et à l’ésotérisme entendus dans leur sens ordinaire, c’est-à-dire en tant qu’ aspects d’une doctrine traditionnelle, est facile à faire : là aussi, les formes extérieures cachent la vérité profonde aux yeux vulgaire, alors qu’elles la font au contraire apparaître à ceux de l’élite , pour qui ce qui est un obstacle ou une limitation pour les autres devient ainsi un point d’appui et un moyen de réalisation. Il faut bien comprendre que cette différence résulte directement et nécessairement de la nature même des êtres, des possibilités et des aptitudes que chacun porte en lui -même, si bien que le côté exotérique de la doctrine jour toujours ainsi exactement le rôle qu’il doit jouer pour chacun, donnant à ceux qui ne peuvent aller plus loin tout ce qu’il leur est possible de recevoir dans leur état actuel, et fournissant en même temps à ceux qui le dépassent les « supports » , qui sans être jamais d’une stricte nécessité, puisque contingents, peuvent cependant les aider grandement à avancer dans la voie intérieure, et sans lesquels les difficultés seraient telles, dans certains cas, qu’elles équivaudraient en fait à une véritable impossibilité.  

On doit remarquer, à cet égard, que, pour le plus grand nombre des hommes, qui s’ en tiennent inévitablement à la loi extérieure, celle-ci prend un caractère qui est moins celui d’une limite que celui d’un guide : c’est toujours un lien, mais un lien qui les empêche de s’égarer ou de se perdre; sans cette loi qui les assujettit à parcourir une route déterminée, non seulement ils n’atteindraient pas davantage le centre, mais ils risqueraient de s’en éloigner indéfiniment, tandis que le mouvement circulaire les en maintient tout au moins à une distance constante (7). Par là, ceux qui ne peuvent contempler directement la lumière en reçoivent du moins un reflet et une participation; et ils demeurent ainsi rattachés en quelque façon au Principe, alors même qu’ils n’en ont pas et n’en sauraient avoir la conscience effective. En effet, la circonférence ne saurait exister sans le centre, dont elle procède en réalité tout entière, et, si les êtres qui sont liés à la circonférence ne voient point le centre ni même les rayons, chacun d’eux ne s’en trouve pas moins inévitablement à l’extrémité d’un rayon dont l’autre extrémité est le centre même. Seulement, c’est ici que l’écorce s’interpose et cache tout ce qui se trouve à l’intérieur, tandis que celui qui l’aura percée, prenant par là même conscience du rayon correspondant à sa propre position sur la circonférence, sera affranchi de la rotation indéfinie de celle-ci et n’aura qu’à suivre ce rayon pour aller vers le centre; ce rayon est la tarîqah par laquelle, parti de la sharîyah, il parviendra à la haqîqah. Il faut d’ailleurs préciser que, dès que l’enveloppe a été pénétrée, on se trouve dans le domaine de l’ésotérisme, cette pénétration étant, dans la situation de l’être par rapport à l’enveloppe elle-même, une sorte de retournement en quoi consiste le passage de l’extérieur à l’intérieur; c’est même plus proprement, en un sens, à la tarîqah que convient cette désignation d’ésotérisme, car , à vrai dire, la haqîqah est au-delà de la distinction de l’exotérisme et de l’ésotérisme, qui implique comparaison et corrélation : le centre apparaît bien comme le point le plus intérieur de tous, mais, dès qu’on y est parvenu, il ne peut plus être question d’extérieur ni d’intérieur, toute distinction contingente disparaissant alors en se résolvant dans l’unité principielle. C’est pourquoi Allah, de même qu’il est le « Premier et le Dernier » ( El-Awwal wa El-Akher ) (8), est aussi «  l’Extérieur et l’Intérieur » ( Ez-Zaher wa El-Baten ) (9), car rien de ce qui est ne saurait être hors de Lui, et en Lui seul est contenue toute réalité, parcequ’ Il est Lui-même
la Réalité absolue,
la Vérité totale : Huwa El-Haqq.
 Textes de René Guénon Shaykh Abd el Wahîd Yahia
Notes :

 

* Le Voile d’Isis, mars 1931 , P. 145-150/ (1) Signalons incidemment que le symbole du fruit a un rapport avec l’  « Oeuf du Monde » , ainsi qu’avec le coeur.  

(2) On pourra remarquer que le rôle des formes extérieures est en rapport avec le double sens du mot « révélation », puisqu’elles manifestent et voient en même temps la doctrine essentielle , la vérité une , comme la parole le fait d’ailleurs inévitablement pour la pensée qu’elle exprime; et ce qui est vrai de la parole, à cet égard, l’est aussi de toute autre expression formelle.  

(3) On se rappellera ici la « substantifique moelle » de Rabelais, qui représente aussi une signification intérieure et cachée.  

(4) Il est à remarquer , à propos de la tradition extrême-orientale, qu’on y trouve les équivalents très nets de ces deux termes, non comme deux aspects exotérique et ésotérique d’une même doctrine, mais comme deux enseignements séparés, du moins depuis l’époque de Confucius et de Lao-tseu : on peut dire en effet, en toute rigueur, que
la Confucianisme correspond à la shariyah et le Taoïsme à la haqîqah.
  (5) Les mots shariyah et tarîqah contiennent l’un et l’autre l’idée de « cheminement »; donc ce mouvement ( et il faut noter le symbolisme du mouvement circulaire pour la première et du mouvement rectiligne pour la seconde) ; il y a en effet changement et multiplicité dans les deux cas, la première devant s’adapter à la diversité des conditions extérieures, la seconde à celle des natures individuelles; seul, l’être qui a atteint effectivement la haqîqah participe par la même de son unité et de son immutabilité. 

(6) Cette convergence est figurée par celle de la qiblah ( orientation rituelle ) de tous les lieux vers 
la Kaabah, qui est la « maison de Dieu » ( Beit Allah ), et dont la forme est celle d’un cube ( image de stabilité) occupant le centre d’une circonférence qui est la coupe terrestre ( humaine ) de la sphère de l’Existance universelle.
 

(7) Ajoutons que cette loi doit être regardée normalement comme une application ou une spécification humaine de la loi cosmique elle-même, qui relie pareillement toute la manifestation au Principe, ainsi que nous l’avons expliqué ailleurs à propos de la signification de la « loi de Manu » dans la doctrine hindoue.             (8) C’est-à-dire comme dans le symbole de l’alpha et de l’oméga, le Principe et
la Fin.
 

(9) On pourrait aussi traduire par l ’ « Evident » ( par rapport à la manifestation) et le « Caché » ( en Soi-même ) , ce qui correspond encore aux deux points de vue de la shariyah ( d’ordre social et religieux ) et de la haqîqah ( d’ordre purement intellectuel et métaphysique ), quoique cette dernière puisse aussi être dite au-delà de tous les points de vue, comme les comprenant tous synthétiquement en elle-même. Abd el Wahîd Yahia

 

 

CRISE DE LOGIQUE PAR SERIGNE CHEIKH A T SY

Dakar, le 14 / 11 / 1994 

Et encore : une crise de logique ! 

La crise de logique reste la plus grave des crises car elle dénature l’Initiative même du Ciel : Initiative tendant à organiser sur
la Planète-Terre une société à la fois humaine et assurément équilibrée. Elle déforme, sans aucun doute, les réalités essentielles qui valent d’être choisi comme favori. 
Pour se soustraire à cette anomalie, on est appelé à rester soi-même en évitant ainsi d’être absorbé par des tendances plus ou moins fictives. La culture n’a qu’une seule base: l’Esprit de Dieu! Si les différentes traditions qui animent la Communauté des Vivants se plaisent à l’oublier, elle risque de confondre :fondement avec masse architecturale… Il paraîtrait que Herriot a commenté, à sa façon, ces paroles de l’Imam CHAAFI : « Mon Savoir m’habite. Il s’installe confortablement dans un coin de mon âme… c’est-à-dire, il est plus proche de moi que ma bibliothèque ! » 

Mais depuis que l’édition crée des millionnaires, les mots ne signifient plus rien. Tout devient barbare et les écrivains se comportent malheureusement comme des marchands d’amulettes… Et la logique des uns se montre aussi indéchiffrable que celle des autres. Tout le monde ment pour mieux convaincre ses lecteurs. Le temps semble être à l’heure des « cacophonies » : est-ce pour mieux fasciner son auditoire ? Il y a ceci : les perruches ont plus de mérite parce que plus naturelles, n’ayant aucun effort à fournir pour être ce qu’elles sont. Quant aux joutes oratoires auxquelles on assiste à travers les médias, elles se révèlent être aujourd’hui plus négatives et plus désastreuses que toute autre belligérance. Ainsi, ce qu’on appelle une « chose » va incessamment l’emporter sur ce qu’on peut désigner par le nom de : Homme. 

L’Histoire Sainte nous raconte l’aventure d’un trio plus qu’exceptionnel ; aventure qui résume toutes les réalités créatrices de notre espèce : Adam, tout seul ne pouvait vaincre son ennui, raison pour laquelle Dieu lui donna pour conjointe Eve ; mais un couple sans tentation est une invention sans signification réelle. Alors, Le Serpent fit son apparition… Et pourtant sa présence n’eut rien de menaçant pour l’équilibre de l’un comme de l’autre. Seulement, il y a cette pédagogie luciférienne qui veut faire croire que l’Arbre Interdit détenait le secret de la Vie Eternelle. Mais le pommier est-il autre chose que l’Arbre de la Science ? Et qui dit Science, dit forcément champ d’expérimentation. Ame végétale doublée d’âme rationnelle et « mûrie » par un long périple à travers les ténèbres, deux sources de clarté lui font déjà un clin d’œil: le Feu avec ses risques et la Lumière avec ses avantages. 

Pour le couple la fête semblait être finie… Bref, Adam a « désobéi » parce que justement confronté à un élément nouveau : une crise de logique ! Si le Premier Homme veut vraiment servir la Science, il se verra désormais dans l’obligation de vivre les turbulences qui en sont l’apanage. Il doit savoir que les laboratoires destinés à ca genre d’exercices ne peuvent se trouver qu’ailleurs ; sur la Planète-Terre par exemple et non dans ce Paradis des Insouciants. Et le processus ne fait que commencer… Si Adam tient à remplir son rôle de chef, Eve, elle ne demande qu’à être installée dans ses droits. Mais le tentateur entêté reste toujours un tentateur. L’objectif final de ce dernier, est que le chef soit continuellement désarçonné par les exigences répétées de son conjoint afin que lui, en tant que reptile, ne se sente plus diminué face à un couple aussi beau et aussi bien conçu. 

« Dieu a fait de moi un rampant ! » se disait-il un peu écœuré. « Il faudrait donc que certains agissements de l’Espèce Nouvelle soient « rampants » – comme moi ! Et cela, jusqu’à ce que la femme devienne, dans cette entreprise, ma première complice et que l’homme fasse l’objet d’un complot permanent de notre part. Ainsi, je ferai de sorte que la priorité me revienne, symbolisée un peu plus tard par les comptoirs et les multinationales ; et surtout par le fait que le principe de tout dialogue soit constamment perturbé : on cachera le sexe avec des feuilles puis avec une coupe de Saint –Laurent… Et l’on ne trouvera que des réponses évasives pour justifier les grands bouleversements ». Cette crise aura pour prolongement naturel, le chantage et les applaudissements… On peut dire d’ores et déjà que, faute d’entrain, le Père de l’Humanité venait de perdre quelques points face à la sagacité de ces terribles champions : les Préjugés ; champions qui, dans un proche avenir, disposeront des clivages de Sa Pensée comme bon leur semble. Mais Adam en profitera, lui aussi, pour éduquer et raffermir convenablement sa volonté si fraîche et pourtant susceptible de s’adapter à sa condition d’exilé. Pour le seconder, Eve préfère d’abord se fier à son intuition car elle sait déjà ce que signifie pour une maîtresse d’espace la diplomatie et la planification. 

« Comment assassiner son propre assassin ? » disait le Gendre du Prophète. Ne le disait-il pas justement pour prévenir une nouvelle crise de logique ? « Comment peut-on voler à son propre voleur ? » s’interroge un disciple du Grand Cheikh Ahmed. « Seule une conscience pervertie est assez « forte » pour culpabiliser l’Innocence » affirme Hadj Malick SY. Et SENGHOR d’y ajouter : « En tant que Chrétien, j’ai toujours préféré une belle mort plutôt que de m’emparer d’un pouvoir qui ne m’appartient pas ». Il a fallu donc des pressions de tous genres [ des larmes en particulier ] pour faire céder « l’Apôtre »… La scène nous est racontée, avec tristesse, par un des proches collaborateurs. SENGHOR a parfaitement raison : faire du Néant le fondement même d’une institution dans ce pays de Hadj Omar TALL est une trahison plus que monstrueuse ! Et depuis, le massacre continue… 

     CRISE DE LOGIQUE (2ème partie)  Dakar, le 24 Décembre 1994 Les Notables disent au Prophète : « Partageons le mystère de la Prophétie; alors nous te laisserons en paix ! » Et Dieu de répondre: « Cela ne se partage pas, cela ne se partage point. A Moi de protéger les Miens et je sais comment faire… Mes réalités amoindries par la présence de chimères en somme ! » 

« Chez nous, raconte un dignitaire du Cap-Vert, les coloniaux ont toujours compté avec des gens qu’on a souvent appelés les « fortes gueules ». Les grandes familles léboues ne savaient quoi inventer pour s’opposer à ces individus qui, faute de raison, se servaient de l’insulte pour imposer la raison. A ce moment là, paraît-il, les billet de banque « n’étaient pas encore de mise »… Les Blancs ne leur offraient que des biscuits, du vin et du sucre – car ces produits du « paradis » les rendaient toujours prêts à détruire quiconque se réclamerait de nobles traditions léboues. Et depuis, l’action politique des uns équivaudrait à l’anéantissement pure et simple des autres. Accusateurs et accusés sont désormais devant Dieu pour exprimer leurs différends. Un primaire croit effectivement que le « souffle » qui entretient son corps est éternel d’où son goût effréné pour le mensonge ! 

Interrogé sur la fin scientifique du monde, Mahomet répond : « je n’en suis pas plus informé que vous. Mais, il y a des signes qui m’inquiètent : le jour où les femmes se vêtiront comme des hommes et où les hommes se pareront comme des femmes ; le jour où l’adolescente exigera son titre de princesse et que sa mère sera reléguée au rang de servante ; le jour où le jeune garçon se montrera plus respectueux envers son camarade qu’envers son père et où les va-nu-pieds se mettront à ériger des gratte-ciel ; le jour où la terre se sentira vidée de ses ressources pour permettre à une race de dominateurs de renforcer une panoplie pleine de ruses et d’armes sataniques ; le jour où nos cousines de l’autre côté de la Péninsule s’exhiberont comme des possédés rien que pour faire apprécier leurs charmes, alors, il y aura comme une menace suspendue sur l’ensemble de l’Humanité ». Une anticipation assez prophétique sur la nécessité de moraliser les systèmes. « A défaut des léopards, on va fêter les chacals » disait souvent Hadj Makhtar. Il disait aussi « qu’une fois assis sur le dos d’un éléphant, on voit se « balader » les bourricots comme de sinistres créatures. A défaut de sérieux, les singeries sont là pour rassurer la clientèle. 

Et le trio continue à évoluer pour en arriver à cette conclusion qui veut que la cuisine soit une affaire d’hommes – ainsi les sociologues ont-ils bien voulu conforter dans leur vision des choses les gens du Saloum qui, défiant la politique politicienne, considèrent la cuisine comme l’antichambre de deux enceintes : l’une abritant la Royauté et l’autre la Sainteté… Elle n’est faite disent-ils que pour soutenir l’effort d’un bâtisseur et non pour engraisser les paresseux. 

L’Europe d’aujourd’hui, elle, en a fait une accoucheuse de plaisir : on mange, on boit et on danse beaucoup plus qu’il n’en faut… Et cela pour la destruction du patrimoine commun – et cela pour annoncer le Siècle de toutes les Infirmités ! Laissons à Eve le temps d’appliquer ses principes afin que les hommes soient moins lourdauds… 

A Suivre… 

CRISE DE LOGIQUE (3ème partie) Dakar, le 04 Janvier 1995 

Le Coran n’a-t-il pas dit quelque part : « Consommez avec douceur !». Et un peu plus loin : « Mangez, buvez ; mais faites le un peu plus modérément. Je vous ai accordé des faveurs inestimables, ne vous en servez surtout pas pour aller à l’encontre de Mes Principes… » Un diététicien asiatique confirme : « Dieu prouve dans ce texte qu’Il est le Maître de tous les diététiciens… Il démontre si besoin est, que les épices et les boissons alcoolisées ne sont que des produits commerciaux ! » 

Pour appuyer Sa Déclaration, Il s’adresse directement à la Nature Humaine : « Je vous ai crée de limon qui fait que la capacité de perception de votre œil est beaucoup trop limitée pour d’un seul coup l’énergie ardente avec laquelle J’ai façonné Lucifer et Sa tribu… Ils vous voient à distance alors que vous ne les voyez qu’à travers un œil conscient et non sensible… » 
La Science arrivera-t-elle, un jour à doter l’Humanité d’un appareil susceptible de localiser cette race de démons ? Comment l’âme aura–t-elle la possibilité de donner à la matière la plus sûre de ses valeurs ? 

Mieux vaut interroger ces quelques principes avec lesquels Dieu a organisé l’Univers. Mais contre lesquels aussi Sa Volonté Inconditionnelle et difficilement contrôlable peut surgir à tout moment ; d’où le caractère relatif de tout ce qui a rapport à l’archéologie de nos croyances. Archéologie qui, d’ailleurs, ne préoccupe que les âmes atrophiées. Privées de l’œil conscient, elles se suffiront tristement de l’œil sensible pour observer non pas le Ciel, mais un amas de pierres qu’elles ont pu trouver ça et là et qui, malheureusement, ne sont disposées qu’à banaliser choses. Le Prophète disait : « Parce qu’ayant affaire à des profanes, je n’ai pas encore osé transformer la Kaaba en Demeure ». « Je te respecte parce que Mahomet te respecte ; mais tu n’es qu’une pierre qui n’a aucun moyen d’assister ou de nuire… » lance le Calife Omar à
la Pierre Noire. « Elle aura peut-être, un jour, son mot à dire, lui rétorque le Gendre du Prophète… Si Dieu le veut !». « L’important donc c’est qu’il y ait Dieu » atteste le deuxième Calife.     

« Je crains que les mosquées ne deviennent des lieux pour abriter le Folklore » disait Malik, l’Imam de Médine. Là, on finira par y adorer n’importe quoi ».Il s’opposait même à la restauration de la Kaaba. « C’est l’Intérieur qui nourrit l’Extérieur et non l’inverse » affirmait-il un peut désolé. Même torturé, il n’en demeurait pas moins hostile à certaines manières de travestir la Foi. On le sait, l’Occident a perdu le Naturel en matière de réflexion et avec cela la notion de l’Immatériel. Il oublie ainsi ce que le Prophète appelle les trois (3) urgences : « Eloigner la justice de l’arrogance ; la créance de l’asservissement et la mort de tout ce qui est faste et cérémonial… » Accusé de vouloir idéaliser la Société Musulmane, Malik ne cessait de s’en défendre en soutenant que « Son Objectif consistait à alléger les barrières et limiter les tendances ».
La Nature Humaine n’avait-elle pas besoin de la Nature pour ne pas se barricader derrière tous ces intermédiaires ? 

Méfions-nous des idoles qui risquent de transformer Dieu en Idole !  A Suivre… 

CRISE DE LOGIQUE (4ème partie) 

  Dakar, le 16 janvier 1995 

J’ai entendu un journaliste français dire que « les Islamistes contestent les valeurs occidentales… » Erreur ! Les Islamistes ne contestent que ce qu’on peut appeler les contre valeurs de l’Occident ! Même les écrivains occidentaux honnêtes se sont dressés contre celles-ci. Aujourd’hui, aucune valeur spécifique ne peut guider les pas de l’Humanité. Seules les valeurs inter universelles sont proposées pour résoudre les grandes crises engendrées par la fausse modernité; celle-ci ayant pour contenu les Déprime et la soumission… 

L’industrie, par exemple, est considérée comme quelque chose vraiment d’inter universel, parce qu’ayant été inspiré au Roi David par le Ciel. Mais une industrie fondée sur l’usure et l’exploitation ne trouve pas encore sa place parmi les inventions de David… Elle s’appelle tout simplement une contre valeur ! Une fois éliminé par les institutions et la philosophie, aucun homme n’a droit de se confier à un quelconque système – l’astronaute qui se promène sur la lune a-t-il plus d’importance que le cultivateur qui admire l’étendue de son champ de cacahuètes. Un produit n’est autre chose qu’un produit, qu’il soit scientifique ou non… L’essentiel est d’en déterminer l’objectif… Chez les Occidentaux y a-t-il un autre objectif que l’amusement ? Même l’officier qui depuis son avion, largue des bombes à napalm sur les nouveau-nés semble le faire pour s’amuser. Il suffit de constater la délectation avec laquelle il s’adonne à cet exercice hors du commun pour s’en rendre compte. 

« Il arrive que Je mette une barrière entre l’individu et son cœur afin qu’il devienne aussi encombrant que Lucifer » nous dit le Seigneur. Pendant la deuxième guerre mondiale, j’ai connu un commerçant étranger, vivant en marge de toute tendance paternaliste disait : « Il n’y a qu’un seul français au monde qui soit gentil et il mérite d’être admiré : il s’appelle Hitler !» une manière assez subtile n’est-ce pas de démontrer que, dans tout adepte de matérialisme conquérant sommeille un spectre hitlérien qui ne demande qu’à être secoué afin que reprennent les tueries de tous genres… En commentant ce qui se passe actuellement en France, Raymond BARRE, bien que correct et équilibré affirme « qu’il s’agit là d’un jeu de couillons ! ». Seydi Ababcar : « La réussite d’une théorie dépend de quatre (4)éléments essentiels : le théoricien lui-même, qui est-il ? Ses adeptes, qui sont-ils ? L’époque où la théorie se situe et son environnement immédiat… ! » S’il y a fausse note dans ce concert de conditionnement, l’échec est alors total – sauf s’il y a volonté permanente de rectificatif et de suivi. 

Faut-il le concevoir à la manière d’un Arabe ou d’un Bédouin comme l’auraient conçu les Occidentaux à la manière d’un Romain ou d’un Cosaque ? Le reste n’est que folklore : baisemains ostentatoires, verres d’alcool pétillant, cerveaux robotisés, sentiments de fraternité mutilés, générosité essentiellement bouffonne parce que médiatisée, injustices canonisées, mensonges poétisés, racisme sacralisé, chantage systématisé afin que la logique soit étouffée et que le trio faute d’interlocuteurs soit enterrée à jamais. Ne sommes-nous pas tous des immigrés sur cette terre de substances vivantes ? Toute une profusion de contre-valeurs offerte à une classe qui se veut « supérieure ». Hadj Malick SY disait : « Toute philosophie digne de ce nom a besoin de racines profondes pour ne pas se laisser emporter par la rue… » Face à l’appel de la liberté, l’opinion publique se montre plus jamais dangereuse; elle agit de sorte que les palabres prennent le pas sur tout projet de société… « Si je n’avais pas saisi sitôt cet aspect de la chose, les gens auraient fait de ma personne un sorte de ballon rond. » 

L’autre jour, j’ai écouté attentivement l’intervention de Giscard, il vient de regretter la disparition de DE GAULE et de CHURCHILL en qualifiant de honteux voire grotesque l’actuelle diplomatie européenne… Dieu réussit là où l’Occident échoue, Il maintient son contact avec la terre qu’Il a Lui-même créée, alors que les Occidentaux font tout pour que ce contact soit définitivement rompu ; et l’homme qu’ils redoutent le plus dans leur entreprise diabolique reste MAHOMET, d’où leur acharnement sur sa philosophie et sur ses Disciples. Ce que le Prophète de l’Islam exige est pourtant très simple : faire en sorte que l’épée soit vertueuse et que le champ de bataille serve de rendez-vous aux hommes d’honneur. 

Ecoutons Valéry : « la guerre – chez les Occidentaux – n’est autre chose que le massacre de braves gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent mais qui, eux, ne se massacrent pas.»    

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