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PORTRAIT DE SERIGNE MOUSTAPHA SY

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Il est grand, par la taille comme par le Verbe. Son regard pétillant derrière de sobres lunettes correctrices est vif ; sa démarche est altière, sereine et seigneuriale. Sa mine sérieuse, calme et grave, dégage toujours un souffle alerte qui renseigne que chez cet homme à la fois guide religieux, leader d’opinion et meneur de foule, chaque instant est un moment de méditation et de contemplation de l’Unicité de Dieu, thème récurrent dans ses interventions publiques, dussent-elles être d’inspiration sociale, politique, économique ou culturelle. Il voit Dieu en tout, partout et sur tout parce que pour lui, la nature, comme l’Homme, est une théophanie. Quand il parle avec cet exceptionnel accent rythmé qui monte crescendo comme la voix incantatoire d’un porteur de messager, il tient en haleine son auditoire si bien que chaque syllabe de son propos devient un silo inépuisable de sagesse dont lui seul a le secret. Son débit vocal est unique. Ses propos, traversés par une horde puissante de paraboles, suivent le rythme de la gravité du message qu’il livre. Quand il entame son cours ou discours, son auditoire devient coi. C’est à peine que l’ont perçoit le ronronnement d’une mouche. Son Verbe haut et coloré peut, durant des heures, immobiliser son public, toujours vêtu de blanc, sobre couleur de transparence et de pureté. Une seule parabole, chez lui, est approuvée à l’applaudimètre par une immense foule majoritairement composée de jeunes dont l’écrasante majorité jouit d’un intellect averti. Ses enseignements philosophico- religieux sont recherchés. Ses positions politiques sont redoutables. Ses opinions, surtout politiques, pèsent sur le champ public.

LA GAZETTE PARLE DE SERIGNE MOUSTAPHA SY

Doué d’une grande intelligence, le guide moral des moustarchidines séduit par son verbe et sa prestance. Portrait d’un homme qui possède les clefs de l’éloquence. 

Sur scène, il se révèle. Yoff, le 12 août. La place des prières accueille ce rhétoriqueur hors pair pour la 15e édition de l’université du ramadan devant un public conquis d’avance. « Il est exceptionnel, soupire une dame. Il parle, il vous prend. » Ibrahima Faye, retraité de l’enseignement : « Je bois ses paroles. C’est un homme remarquable, un orateur très érudit, une connaissance extraordinaire ! » Le voilà qui monte sur scène. Doué d’une grande intelligence, le guide moral des moustarchidines séduit par son verbe et sa prestance. Portrait d’un homme qui possède les clefs de l’éloquence. 

1,92 mètre et plus de 80 kilos, dans un camaïeu de vert et de bleu : une djellaba couleur vert pomme de mise, intérieur bleu marine et l’immanquable chéchia remplacé cette fois par un bonnet en laine couleur nuit. Le poing levé, sourire radieux aux lèvres, Moustapha s’avance de sa démarche dégingandée un peu girafe. A la vue de sa silhouette, les disciples partent en cris stridents. Les familles qui étaient venues avec les enfants comme on va à un pique-nique se transforment en fanatiques. C’est la ruée son corps est à la ramasse, il semble affaibli. Mais son oeil pétille et son cerveau bouillonne pour des heures de causerie, sans note. Le sujet : Le cercle du pouvoir, une légitimité divine ou une légalité constitutionnelle  ? Le verbe est son arme. il peut être fin et drôle, intarissable. Quand serigne Moustapha sy parle, on dirait qu’il se voit en grand timonier. Il dit : « Dieu ne donne pas le pouvoir, il le confie à quelqu’un, il le donne à qui on fait confiance et le retire à celui qui a perdu la confiance du peuple ». A bon entendeur, salut ! 

C’est là devant ses disciples que le guide des Moustarchidines se sent le mieux. Là, il élabore ses « chantiers », s’abîme dans l’étude des textes religieux musulmans. Par passion et aussi pour y puiser les éléments permettant de « construire un islam qui prend en considération le contexte dans lequel on vit. » C’est au nom d’un dialogue franc avec son public que la figure du mouvement des Moustarchidines, embraille avec cette diction qui lui est propre : « on gouverne tout sauf le coeur. On peut être entouré de beaucoup de personnes sans pour autant conquérir leur coeur ». Sous les traits d’un modèle d’humanité, guide doué d’une grande intelligence, honnête et efficace, fin stratège, Moustapha séduit par son verbe et sa prestance et éblouit par son gout du vrai : « il ya peu d’hommes de Dieu au Sénégal. Il y a beaucoup plus de marabouts  ». 

Né le 10 juin 1952, Moustapha est élevé par un père guide spirituel, serigne cheikh ahmed tidiane sy et une mère aux traits doux mais au caractère bien trempé. Le petit Moustapha se découvre un amour pour la religion par le biais de ses lectures. Très proche de sa défunte mère, Moustapha voyait rarement son père du fait de ses retraits spirituels. un témoin : « son père est resté 10 ans sans sortir de sa retraite spirituelle ». Adolescent, il grandit entre le dahira de serigne ababacar sy et la zawiya. Makhary Mbaye chargé de communication du mouvement : « même quand son père faisait des conférences, il n’y assistait pas car il était au daara. 

Cependant, il se procurait son discours pour le mémoriser ». Homme de pensée et d’action, il a toujours maintenu la tension dialectique entre l’engagement et la réflexion. Il a autant cherché à comprendre la société sénégalaise qu’à peser sur son évolution. Pour se faire, à défaut d’un dahira, il crée une troupe théâtrale pour mieux véhiculer son message. Makhary Mbaye, le confirme : « il formait les jeunes de sa génération en véhiculant le message islamique à travers le théâtre populaire. » Ses thèmes sont accompagnés et orientés vers l’histoire du monde musulman. Il y exprime les angoisses, les ambivalences, les hésitations tout autant que les espoirs qui ont façonné le monde musulman. Ses inquiétudes, ses incertitudes et ses passions étaient à l’image même de son vécu : serein et plein de vie. 

Paradoxe : son érudition est immense, et la compréhension de son récit présuppose le plus souvent une solide connaissance de base de l’histoire factuelle et de la culture arabe, sans quoi certaines phrases, certains passages demeurent si hermétiques, passent si loin au-dessus de la tête, que le fou rire nerveux devient le seul choix laissé au profane. Paradoxe ! Moustapha n’a jamais quitté nos frontières pour aller chercher le savoir. C’est un pur produit du terroir avec comme toile de fond tivaouane, la ville de ses aïeuls, là où il a tout appris. Makhary : « il ne s’est jamais inscrit dans une université étrangère. Même la langue arabe qu’il manie comme personne, il l’a apprise ici. » Le français dans tout ca ? « C’est un autodidacte, il n’a jamais fréquenté l’école française », renchérit Makhary. 

30 octobre 1993 : suite à une sortie durant laquelle il a stigmatisé trois crises dont souffrait le régime socialiste : crise de compétence, crise de confiance et crise d’autorité. Serigne Moustapha sy a été arrêté. C’est du fond de sa cellule de prison donc que serigne Moustapha sy a appris les événements qui ont été l’une des affaires politicojudiciaires les plus médiatisées de l’histoire politique du Sénégal. 

16 février 1994 : La marche sur les grandes avenues de la capitale dakaroise va dégénérer en une manifestation tragique. Six policiers ont perdu la vie, avec des blessés du côté des manifestants. Plus de 150 membres du mouvement des moustarchidines sont arrêtés de même que des membres des partis de l’opposition qui vont rejoindre leur leader en prison. Ces moustarchidines et moustarchidates seront incarcérés dans les prisons de dakar et rufisque où ils vont rester des mois avant de bénéficier d’un non-lieu. Le même jour, le ministre de l’intérieur à l’époque Monsieur Djibo Ka par une déclaration télévisée annonce par décret numéro 001123 du 17 février 94 l’interdiction sur tout le territoire national des activités du mouvement des moustarchidines. Le gouvernement de Diouf était au coeur de son combat. Il le menait avec Abdoulaye Wade, opposant d’alors et président aujourd’hui. Adulé par la masse, accusé d’aventurisme par le gouvernement de Diouf, Moustapha a su mettre en échec un ennemi à l’arsenal et aux alliés dissuasifs. Libéré de prison 52 jours avant la fin de sa peine, Serigne Moustapha sy, va entreprendre des initiatives allant dans le sens de relancer les activités de son mouvement. 

Ainsi, il lança les universités du ramadan en 1995/1996. Au début, c’était de petits rassemblements de quartier, élargis par le suite à force d’abnégation et de conviction. aujourd’hui, le mouvement compte plus de 700 000 membres à travers le pays. Caricaturés comme fanatiques à tort ou à raison, ils constituent une force tranquille qui s’est faite plus discrète depuis l’avènement de l’alternance. Le chargé de communication affirme le contraire en argumentant que leur guide n’est pas un activiste et que c’est un homme doué du sens de la mesure et n’attaque que s’il se sent attaqué. N’empêche, hormis l’université du ramadan, ses sorties sont de plus en plus rares dans un contexte économique et social désastreux. 

1998 : Serigne Moustapha sy va changer de fusil d’épaule. A un moment où le sénégal amorçait un tournant décisif de son histoire démocratique, à savoir les élections de 2000, les moustarchidines vont créer leur formation politique (Pur) qui propose un nouveau contrat politique aux sénégalais. Son itinéraire intellectuel et politique a été balisé par les exigences du nationalisme qui est au centre de son univers idéologique. Pour le moment, les langues se délient, les questions fusent, et des réponses tardent à venir. Pourquoi on ne voit plus Moustapha à côté des masses ? Makhary répond : « Abdou Diouf avait attaqué son père. Et, personne ne touche à son père. C’est la raison pour laquelle il avait répliqué au prix de sa liberté. Cependant il n’est pas un activiste et lors des élections locales son parti a soutenu Khalifa Sall. » 

Moustapha a étudié les livres et a puisé dans la science. C’est ainsi qu’il apprend la jurisprudence, la science des gens du hadith et celle des gens de l’opinion. Avec une méthodologie produite par un esprit vif et un coeur intelligent, il réunit la connaissance du coran et celle du hadith, possède les clefs de l’éloquence. Nourri de lettres, de récits, de conférences, ce passionné de foot, latéral droit dans sa jeunesse, dresse un portrait en pointillés, d’où se dégage une grande sérénité d’âme et d’esprit. 

Aïssatou LAYE

lagazette.sn

Samedi 28 Août 2010 

lamine MBAYE 

 

 

 

Tamsir Ndiaye Jupiter

Serigne Mouhammadou Moustapha Sy : Responsable moral du Dahiratoul Moustarchina Wal Moustarchidaty Génie du Verbe et de l’Esprit | Par Tamsir Ndiaye Jupiter

Depuis plus de trois décennies il anime, des conférences religieuses avec une méthodologie et un style uniques. Il est un redoutable dialecticien doté d’une vaste culture et d’un esprit ingénieux qui, à travers l’Université du Ramadan dont il est le Recteur et le Professeur attitré, l’amènent à façonner son auditoire et à faire passer son message tiré de l’enseignement du Prophète, de Cheikh Ahmed At Tidjani, de Seydi Hadji Malick Sy , Serigne Babacar Sy et de son père. Regard sur un Meneur de foule qui impressionne. 

 

Il est grand, par la taille comme par le Verbe. Son regard pétillant derrière de sobres lunettes correctrices est vif ; sa démarche est altière, sereine et seigneuriale. Sa mine sérieuse, calme et grave, dégage toujours un souffle alerte qui renseigne que chez cet homme à la fois guide religieux, leader d’opinion et meneur de foule, chaque instant est un moment de méditation et de contemplation de l’Unicité de Dieu, thème récurrent dans ses interventions publiques, dussent-elles être d’inspiration sociale, politique, économique ou culturelle. Il voit Dieu en tout, partout et sur tout parce que pour lui, la nature, comme l’Homme, est une théophanie. Quand il parle avec cet exceptionnel accent rythmé qui monte crescendo comme la voix incantatoire d’un porteur de messager, il tient en haleine son auditoire si bien que chaque syllabe de son propos devient un silo inépuisable de sagesse dont lui seul a le secret. Son débit vocal est unique. Ses propos, traversés par une horde puissante de paraboles, suivent le rythme de la gravité du message qu’il livre. Quand il entame son cours ou discours, son auditoire devient coi. C’est à peine que l’ont perçoit le ronronnement d’une mouche. Son Verbe haut et coloré peut, durant des heures, immobiliser son public, toujours vêtu de blanc, sobre couleur de transparence et de pureté. Une seule parabole, chez lui, est approuvée à l’applaudimètre par une immense foule majoritairement composée de jeunes dont l’écrasante majorité jouit d’un intellect averti. Ses enseignements philosophico- religieux sont recherchés. Ses positions politiques sont redoutables. Ses opinions, surtout politiques, pèsent sur le champ public.

Produit de la spiritualité

Cet homme éloquent au corps élancé et aux bras longs et sveltes est simplement charismatique. Serigne Mouhamadou Moustapha Sy est son nom authentique. Il est né le 10 juin 1952, à Tivaoune, Cité religieuse située à 92 km de Dakar, au cœur de l’ancien royaume du Cayor où il a appris, dès le bas âge, comment se forge dans l’opiniâtreté, la patience et la foi la clé du Savoir. Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Makhtoum est son père. Sa mère, Sokhna Safiètou Dème est la fille de Serigne Amadou Dème de Sokone, auteur de « Dyahou Narirayni », l’impressionnante exégèse du Coran à laquelle s’accrochait l’Egypte en raison de la haute pertinence et de l’unicité de son contenu. Par celle-ci comme par celui-là, ce responsable moral du très complexe et dynamique Dahiratoul Moustarchidina Wal Moustarchidaty fondé en 1979, s’impose comme le fruit naturel de la spiritualité. Il est le petit-fils de Seydi Khalifa Ababacar Sy, premier Khalife de Seydi Hadji Malick Sy et de Sokhna Astou Kane, fille de Serigne Abdoul Hamid Kane, le mystique du Saloum. De ces saints hommes, Serigne Mouhammadou Moustapha Sy, adulé et adoré par un public grandissant chaque année et radicalement acquis à sa cause, a hérité des valeurs et des qualités fortes qui font de lui une personnalité religieuse polyvalente. Mais il est surtout le produit de son père, Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy al Makhtom, son « seul et unique Directeur de conscience ».

C’est d’ailleurs grâce à l’enseignement et à la bénédiction de celui-ci dont l’immensité du savoir est de notoriété publique que Serigne Mouhaamdou Moustapha Sy a ainsi réussi à être l’architecte de son propre esprit. De ce père, il a, en effet, hérité la mystique du travail, le culte du savoir et la vertu de courage. Ce trinôme a naturellement fait de lui un homme à la fois conservateur et moderne, ouvert à toutes les sagesses religieuses et à toutes les contradictions idéologiques sans jamais en être assujetti. Ses talibés ayant aussi des relents de militants dévoués, à la limite fanatiques, suivent toujours ses propos avec toujours un carnet et une écritoire à la main pour prendre note. Leur chance est surtout d’avoir comme guide religieux un homme doté d’un incomparable sens de la pédagogie et de l’humour.

Bâtisseur d’âmes

Naturellement, cet homme, Serigne Mouhamadou Moustapha Sy impressionne tant il envoûte son amphithéâtre par sa voix de soprano qui fait mouvoir les mots pour leur donner une existence animée. Il est un communicateur hors pair et un meneur de foule qui a le don rare d’immobiliser le public qui l’écoute par des apophtegmes, des anecdotes ou des maximes tirés soit des profondeurs de son esprit super cultivé, soit de la sagesse légendaire de son père, Serigne Cheikh Ahmed Tidiane, « le seul être devant qui il cède ». Il voue d’ailleurs, à son père une admiration, un respect et une passion incommensurable qui débordent même sur ses relations avec ses frères et sœurs. Sokhna Fatou Sy, sa sœur qui se définit comme son amie témoignent : « il est un homme d’exception pétri d’honneur, de foi et d’humanisme. Son sens de la famille et des relations humaines est si exceptionnel que le simple fait de le voir est pour moi un gage de sécurité morale et de bonheur indicible ». Cet humanisme que salue sa sœur, les larmes presque aux yeux, se déploie dans les actes quotidiens qu’il pose comme pour louer Dieu en tout instant. « Il a tiré ces qualités de la spiritualité. Depuis sa tendre jeunesse, il a toujours été au cœur de tout ce qui élève l’Esprit et l’anoblit », renchérit Sokhna Fatou Sy qui insiste sur « son étonnante grandeur d’âme ».

Le visage caractérisé par des traits fins et délicats avec un teint frais mis en relief par diverses expressions vivantes spécialement accentué par son regard grave, Serigne Mouhammadou Moustapha Sy est, en tout, emporté par le tourbillon de son dynamisme intellectuel qui l’amène à consacrer sa vie à la poursuite de projets d’envergure qui galvanisent et portent de l’avant. Lorsqu’il ne déploie pas ce dynamisme, il se livre à la quête d’un idéal pour que l’optimise prime sur l’esprit défaitiste.

Le responsable moral du Dahiratoul Moustarchidina Wal Moustarchidaty est, en fait un véritable bâtisseur d’âmes qui a une mainmise directe sur la conscience de ses nombreux talibés, militants intrépides de sa Voie et de sa Voix. Comme Jean-Jacques Rousseau, il les a, ainsi, façonné par l’éducation comme un végétaliste qui façonne un jardin d’espérance. Il leur a surtout donné une autre vision du monde qui part du postulat que Dieu Seul est Souverain. C’est ce leitmotiv de
la Tawhid qui ponctue son enseignement qui repose sur la pratique stricte de la piété, du renoncement aux vanités, de la lutte contre l’injustice, du respect de la dignité humaine et de la mise en valeur de l’Homme capable de toutes les grandeurs. Ainsi, avec les Moustarchidines, Serigne Mouhammadou Moustatpaha Sy a bâti des âmes nouvelles en éveillant en elles une conscience plus haute de leurs rapports avec Dieu, avec tout Homme et avec l’Univers. Conséquemment, être de son mouvement, c’est suivre une religion et une communauté tout en respectant une foi et un code de vie.

Au banquet du Savoir,

En 1995, après avoir dénoncé les trois crises – crise de confiance, crise de compétence et crise d’autorité – qui faisaient sombrer le Sénégal dans le chaos, il institue l’Université du Ramadan dans le but de mettre ses troupes à l’abri de l’ignorance en leur assurant un réel « réarmement moral, spirituel et intellectuel. » Cette université du Ramadan se tient à Yoff et risque de se retrouver bientôt dans un stade en raison du nombre grandissant des participants venant de toutes les contrées du Sénégal. L’ordonnancement de l’espace dans lequel elle se tient vaut une fortune. La tribune qui sert de Palladium du Savoir est rehaussé par une décoration rythmique et incantatoire qui rend visible l’invisible par la géométrie des formes et la musique des couleurs et de la lumière. L’art musulman se dégage dans cet espace où s’exprime une profession de foi à travers les palmettes et les arabesques qui se lisent jusqu’au siège qu’occupe Serigne Mouhammadou Moustapha Sy. Cette Université du Ramadan est devenue une institution et une véritable « tribune de la pensée libre » où l’intelligentsia sénégalaise de toutes les tendances est invitée à « faire un diagnostic des maux dont souffre l’humanité en général et la communauté musulmane en particulier afin d’en proposer des perspectives de solutions idoines ».

Pourtant, jamais Serigne Mouhammadou Moustapha Sy, recteur attitré de cet espace de Savoir n’a posé les pieds dans une école ou université française encore moins dans un Institut arabe. Mais étant le fils de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Makhtom, le paradoxe devient une évidence : il manie l’arabe et le français avec un art raffiné à partir duquel se dégage en lui une forte personnalité qui passe d’une exceptionnelle dextérité du langage à la subtilité d’une verve colorée pleine de dits et de non dits. On ne lui connaît aucun parcours scolaire ni aucun diplôme universitaire. Néanmoins, il déboulonne Descartes, démonte Voltaire, critique Montesquieu, psalmodie Ronsard, décomplexe Senghor, se défoule sur
la Négritude et
la Négro Renaissance, nargue Heidegger, remet Sartre à l’ordre, corrige Albert Camus, conforte Roger Garaudy, cite Ibn Arabi, parle de Al Ghazali ou convoque Abdel al-Karim Al-Jili. Naturellement, cette culture se répertorie sur son auditoire qui y gagne des pans entiers de connaissances.

C’est que Serigne Mouhaamadou Moustapaha Sy est un guide religieux de type cérébral qui, grâce à une nature ingénieuse, a une aptitude à faire assimiler à ses disciples les données du Savoir pour amener chacun à être capable de faire face aux énigmes. Il a mené tous les combats. Aujourd’hui une autre voie s’ouvre à lui, sur instruction de son père : réaliser l’unité de cette grande famille qu’est le Sénégal en assumant la fonction de régulateur et de médiateur. Cette fonction relève peut-être d’une vision dont il ne livre pas encore le contenu, se limitant simplement à donner rendez-vous à son nombreux « étudiants », militants et talibés, comme fait tout esprit ayant perçu un bruit de mutations accompagnant la naissance d’un ordre nouveau.

Tamsir Ndiaye Jupiter
www.piccmi.com

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