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Serigne Touba et El Hadj Malick Sy ont enseigné une tolérance “respectueuse des itinéraires”

Par Bakary SAMBE

La lettre des messages religieux peut donner lieu à différentes interprétations mais leur esprit est toujours unificateur. En islam, les Tariqah offrent cette possibilité de poursuivre un itinéraire spirituel menant à
la Vérité, désignant aussi le nom de Dieu, Al-Haqq. Dans l’éducation spirituelle soufie, ces « voies » ont toujours aidé à se départir des doutes pour arriver à la certitude (Yaqîn) afin de vivre le véritable bonheur de la foi (Imân). Cette certitude tant recherchée par ceux qui se lancent dans la quête spirituelle revêt deux formes chez la plupart des penseurs soufis ; ces pratiquants de l’ascétisme que Cheikh Ahmadou Bamba magnifiait dans Huqqal-Bukâ’u (Faut-il pleurer les Saints ?) et auquel nous invitait Cheikh El Hadji Malick Sy dans son Zadjrul Qulûb’An Hubbi Dâril Khalûb (Eloigner les cœurs de l’amour d’un monde trompeur).
Malgré leurs divergences sur cette question complexe du Yaqîn, les penseurs soufis ont convenu, d’abord, d’une forme de « certitude générale » avec ce qu’ils appellent « l’implantation profonde des racines de l’arbre de la foi dans le cœur » nourrie par un conformisme général élevée grâce à
la Loi (ou Shâri’a, qui signifie aussi étymologiquement la grande voie à laquelle tous peuvent accéder). Mais un autre degré de certitude est assimilé par les soufis à « un rayon de la lumière de la sublimité qui, de l’Essence divine « s’épiphanise » sur l’âme de l’amant mystique (Muhibb ou Murîd) accédant, ainsi, à la « vision du cœur » ; la vraie certitude selon eux !
Mais, de la certitude à la rectitude (Istiqâma) il y a un long chemin sur lequel on ne s’engage sans être guidé.
La Shari’a (la grande Voie) est comme une circonférence qui entoure le point central qui est
la Vérité, mais les soufis, dans leur éducation spirituelle, ont pu, selon différentes méthodes, tracer des Tarîqah, « voies étroites » et directes qui, telles des rayons, bien que partant de différents points, parfois éloignés de la circonférence, se rencontrent forcément au point central de
la Vérité ! Iz kulluhum qat’ân ‘ala-ç-çawâbî, comme dirait Cheikh Ahmadou Bamba (Car ils sont tous dans la bonne direction, vers 274 des Masâlikul Jinân).
Tel me semble être l’esprit du message du Khalife Général des Mourides le jour de
la Korité 2010. Ainsi aimerions-nous, dans le cadre de cet article, faire le pari de retourner à deux ouvrages composés par les deux personnages qu’il cite dans ce message (Cheikh El Hadji Malick Sy et Cheikh Ahmadou Bamba) pour rappeler l’importance particulière accordée par chacun à cet esprit de concorde et de respect de la différence dans leurs enseignements. Il s’agira, respectivement, de
la Fâkihatou Tullâb sur la doctrine et les pratiques du Tidianisme et des Masâlikul Jinân (Les Itinéraires du Paradis).
Même à ceux qui ne se seraient pas retrouvés dans l’esprit soufi de la différence des « abreuvoirs » malgré l’unicité de
la Source, fortement présent dans les ouvrages des deux Cheikhs, la méditation du verset 60 de
la Sourate II (Al-Baqara) pourrait apporter matière à réfléchir
« Et [rappelez-vous], quand Moïse demanda de l’eau pour désaltérer son peuple, c’est alors que Nous dîmes: “Frappe le rocher avec ton bâton.” Et tout d’un coup, douze sources en jaillirent, et certes, chaque tribu sut où s’abreuver ! – “Mangez et buvez de ce que Dieu vous accorde; et ne semez pas de troubles sur la terre comme des fauteurs de désordre”.
C’est bien cette métaphore de la multiplicité des sources et des abreuvoirs qui a déteint sur la terminologie en usage chez Cheikh El Hadji Malick Sy et son frère Cheikhoul Khadim dans leurs différents écrits. Le premier y consacre le dernier chapitre concluant Fâkihatu-t-tullâb, appelé aussi Jâmi’ul Marâm, en parlant des Mashârib (Sources d’Abreuvement), tandis que le second traite du Wird dans un chapitre entier des Masâlikul Jinân (vers 267 à 298). Cheikh Ahmadou Bamba y rappelle la définition du terme Wird en précisant « L’étymologie de ce vocable renvoie à une pratique consistant à faire une halte près d’un point d’eau pour y boire ou y puiser » (vers 270, Masâlik).
Quant à Cheikh El Hadji Malick, il évoque une « différence des goûts et des points de ressourcement spirituels » (tabâyun al-Adhwâq wa-l-Mashârib) qui, selon lui, est l’explication des « divergences entre les saints dans leurs voies et doctrines », en rappelant que Dieu, dont les bienfaits sont infinis, gratifie chacun d’entre eux de flux qu’il peut ne pas accorder aux autres. Ce point est essentiel dans la démarche des soufis tout en cachant des secrets qui ne sont pas à la portée du commun des mortels se débattant encore dans les « voiles » de l’ignorance (mahjûbûn) ou n’ayant pas accès au véritable sens des Signes.
Certaines réalités peuvent bien nous sembler irréels juste parce que nous ne les touchons ou sentons pas alors que d’autres en sont littéralement « abreuvés » ! C’est pourquoi Cheikh El Hadji Malick Sy emprunte l’image d’un « enrhumé » « mazkûm » se prononçant sur la qualité ou les senteurs d’un musc, pour dénoncer l’attitude de ceux qui s’attaquent aux voies d’autrui et nous avertit sur les dangers des polémiques et débats stériles comme ceux comparant Wird (Awrâd) et confréries (Turuq). « Evite celui qui polémique sur les différents Wird Car c’est une chose dont la nuisance est fortement avérée Car cela conduit à la haine mutuelle
Et c’est quelque chose de répréhensible auprès du Seigneur Majestueux »,(cf. Fâkihatu Tullâb) Serigne Touba le rejoint sur ce point précis en rappelant dans les vers 271-273 de Masâlikul Jinân, que Tous les “wird” conduisent le pratiquant vers l’enceinte scellée de Dieu sans déviation aucune.
Peu importe que ce “wird” provienne de [Cheikh Abdul Qâdr] Al-Jîlânî, de Cheikh Ahmad Tijânî ou d’un autre parmi les éminents Pôles spirituels (Qutb).
Car ils sont tous dans la bonne direction »
Et autour de Cheikh Ahmadou Bamba de nous mettre en garde contre le mépris ou la critique malveillante d’une confrérie ou d’un Wird quelconque (vers 275, Masâlik)
« Tous les “wirds” sont dans la rectitude et le Droit Chemin;
Garde-toi donc, toute ta vie, d’en mépriser ou d’en critiquer un quelconque».
Revivifiant les enseignements d’Ibn Atâ Allah al-Iskandarî, Serigne Touba, s’appuie ainsi sur d’irréfutables classiques du soufisme, notamment ses Hikam (Sagesses), mais aussi Al-Kawkabul Waqqâd (
La Planète Lumineuse) de Cheikh Sayyid Al-Mukhtar Al-Kuntî, pour démontrer cette « rectitude » des différents Wird, rappelant le devoir de respect mutuel afin d’éviter les polémiques que Cheikh El Hadji Malick décrivait, dans Fâkihatu Tullâb, comme conduisant à cette répréhensible haine « Li-annahû yufdî ila-t-tahâqudi ».
Aussi bien dans leur démarche que par la terminologie qui structure leur pensée, Cheikh El Hadji Malick Sy et Cheikh Ahmadou Bamba ont bien intégré cette pluralité de la manifestation de l’Unique tel que le magnifiait, entre autres soufis, Jalâlu Dîn Rûmî. Les formules peuvent donc bien différer sur le plan éxotérique pour exprimer au degré ésotérique une même réalité et la rendre accessible aux différents niveaux d’entendement. Comme le dit si bien Cheikh Ahmed Tidiane Sy, c’est simplement « une question de dosage, de discernement mais surtout d’éducation mystique ». Lui qui voyait les confréries, malgré leurs différences, comme de simples « clubs mystiques où se forment continuellement les athlètes de
la Religion »…
Ainsi, pour aller au-delà de l’apparence d’un éclatement des voies et des méthodes, il conviendra certainement d’accéder à une profonde conscience du message commun et de son essence. En usant de termes au pluriel comme « Masâlik », signifiant « itinéraires menant à la félicité» et de « Mashârib », signifiant « points de ressourcement spirituel » (pluriel interne ou brisé appelé jam’u taksîr, dans la terminologie grammaticale arabe) pour traiter d’une telle subtilité, Bamba et Maodo, ont su opportunément exprimer cet esprit de
la Tarîqa, qui n’est en réalité qu’une manifestation particulière de l’universalité d’un message spirituel sans espace ni temps comme l’expliquait Al-Jîlânî, le saint de Baghdad dans Al-Insân al-Kâmil.
Ces deux grands maîtres ont, par cette même occasion, enseigné une forme de tolérance respectueuse des vues et des itinéraires qu’il appartiendra à chaque Murîd (aspirant spirituel) d’emprunter pour arriver à la fin commune :

la Vérité.
Voilà qu’un important jalon est posé par le message du Khalife Général des Mourides et il appartient, dorénavant, à la jeune génération et aux adeptes des différentes confréries du pays, de donner corps à cet esprit de concorde ou du moins lui insuffler une nouvelle âme.
Il revient incontestablement à Serigne Cheikh Sidy Makhtar Mbacké le mérite d’avoir remis à l’ordre du jour une telle réalité et d’appeler, comme avait coutume de le faire El Hadji Abdou Azîz Sy Dabakh, à une véritable union des cœurs et à la fraternité entre tous les membres de la communauté musulmane.
Mais au-delà même de la sphère religieuse, au moment où la société sénégalaise, dans son ensemble, est traversée par d’innombrables interrogations, un tel message n’est-il pas aussi à verser sur l’énorme capital symbolique dont dispose notre pays et que nous nous devons de réinvestir pour, ainsi, redonner du sens à notre contrat social ?
Bakary Sambe, Docteur en Sciences politiques, Spécialiste du monde musulman à
la European Foundation for Democracy (EFD), Bruxelles

 

BILAL IBN RABÄH (RA), PREMIER MUEZZIN DE L’ISLAM

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Quand on citait le nom d’Abu Bakr As Sidikh (RA) devant Omar ibn. al-Khattab (RA) , celui-ci disait: « Abou Bakr est notre maître, qui a libéré notre maître. » Il visait Bilal. Mais Bilal ne prêtait pas beaucoup d’attention aux éloges qu’on lui adressait. Il baissait les yeux, en disant humblement: « Je suis plutôt un Abyssinien… J’étais un esclave… ». Cet ancien esclave noir, svelte mais grand, aux cheveux crépus et aux petites épaules, qui est-il ? 

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RABIA AL ADAWIYA

·        La présente communication est une lecture de la notion de l’amour Divin « hubb » entre l’être humain est son Dieu évoqué principalement dans la poésie de Rabi’a al Adawia. A travers chaque vers, elle nous emporte dans un monde euphorique ou l’amour divin terrasse l’amour humain.
L’option pour le mysticisme fut pour Rabi’a la voie pour parvenir à l’élévation religieuse qui réunit l’amour humain et l’amour divin créant ainsi cette symbiose exaltante qu’est l’union de la créature à son créateur.
Rabi’a al adawia vécut à Basra entre 713 et 801, c’est à dire au 2e siècle de l’hégire. Son père la nomma Rabi’a parce qu’elle était la quatrième fille dans sa famille.
Rabi’a passa sa première jeunesse dans un milieu de piété. Toutefois, après la mort de ses parents elle fut livrée à elle même. Ceci fit d’elle une proie aux caprices de ceux pour qui les créatures faibles et matérielles dépourvues ne peuvent accéder au rang des humains et sont par conséquent traitées comme des sous-humains.
Certaines sources historiques rapportent que Rabi’a fut esclave, s’adonna au chant et céda aux plaisirs du corps jouisseur. Néanmoins cette partie de sa vie si obscure et si tumultueuse ne coupa jamais les liens entre Rabi’a et Dieu.

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