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L’ISLAM ET LA NEGRITUDE vu par le Sage Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum

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 Si la reconnaissance s’identifie souvent avec la connaissance profonde des choses, force nous est de rendre hommage à ceux qui ont la redoutable mission de présider aux destinées de notre continent, à ceux là mêmes qui inspirés par un souffle vertueux, œuvrent inlassablement pour le bien de tous. N’est ce pas là la raison, une raison majeure qui nous encourage, qui nous a toujours encouragés à apporter notre contribution. Une contribution modeste peut être, mais qui n’en demeure pas moins sincère et essentiellement militante. Contribution qui, d’ailleurs a pour point de départ les liens unissant dans un impact idéo religieux et l’Islam et la Négritude. Pourquoi l’Islam ? Pourquoi
la Négritude ?
 L’on ne peut parler d’un événement historique sans au préalable faire référence en ce qui constitue son avènement, c’est-à-dire une révolte juvénile, une révolte dont l’écho devient de plus en plus retentissant dans l’enceinte même où prennent formes et vigueurs les éléments, tous les éléments vérifiés de l’histoire contemporaine. Il s’agit avant tout de rendre à César ce qui appartient à César et de dire ce que la Négritude doit à ses apôtres. Cela signifie que cette humeur maussade contenue dans un cri de révolte à la mise sur pied d’un système qui comme tout autre système va avoir et ses partisans et ses détracteurs, entre ceux-ci et ceux là il y a l’image des grands amants modernes, image qui, paradoxalement nous est présentée par la voix de l’ancêtre. Il était une fois, c’est l’ancêtre qui parle, il était une fois un adolescent, parce que déçu à la suite d’une cruelle désillusion, prenait la résolution de ne plus se comporter comme un simple instrument de servitude. Un adolescent dont l’amertume ne pouvait avoir d’égal que la franchise et parfois même l’asservité d’un langage. Il s’appelait pour l’honneur et le bonheur de sa race, AIME CESAIRE.

Il était une fois encore un garçon nommé LEON GONTRAN DAMAS qui, rendu soupçonneux par les artifices de sa nouvelle condition, se proposait de dresser l’inventaire d’un choix ou d’une existence.

Il était une fois, enfin, un étudiant noir, installé dans la magie d’un verbe lui permettant d’opposer à toute intransigeance paternaliste, un enthousiasme désarmant ; enthousiasme qui, déjà, semblait porter un nom plus que familier, celui de LEOPOLD SEDAR SENGHOR. 

Le Président Léopold Sédar Senghor et André Malraux, lors de l’inauguration du premier festival mondial des arts nègress 

Ainsi, le rôle joué par le Sénégal dans le vaste mouvement de
la Négritude grâce à son illustre Président, ne saurait laisser indifférent aucun homme de bonne foi. Est-il besoin de rappeler ici le témoignage d’un chercheur moderne du Moyen Orient Sahid Haqli qui, au nom de la civilisation arabo-musulmane dit ceci : « face à la lutte des peuples, Senghor dispose d’une arme nouvelle, une arme qui est un don du ciel ».Une voix dont le contenant et le contenu sont marqués d’un même centre de gravité. Cette voix qui affirme que « la liberté n’est pas seulement l’art de savoir manier une machine de guerre qu’elle soit offensive ou défensive.
La liberté c’est surtout cette générosité qui en atténue les chocs et les vacarmes ». C’est ce que les Senghor ont toujours tenté de mettre en évidence en rendant ainsi hommage quelques siècles après à la prodigieuse rencontre sur le chemin des croisades du vaillant Saint Louis et du magnanime Salahoudine Al Ayoubi. Il n’y a que les grands qui savent servir avec grandeur. Cela n’a rien à voir avec les parchemins, cela n’a rien à voir avec les titres universitaires. Il s’agit d’un message apporté à la suite d’une anomalie.
L’histoire accepte tout sauf ce genre d’anomalie dont l’astuce principale consiste justement à dénaturer ce qu’il y a de plus naturel dans la démarche des hommes. Afin que le nègre cesse de faire figure de parents pauvres et que le colonisateur prenne un autre nom que celui de renégat, il fallait cette tentative de réhabilitation et ce geste de bonne volonté qui, en commun accord avec les exigences historiques, devaient fournir à l’un et à l’autre une matière à réflexion.

Sûrement un tel geste et une telle tentative sont très souvent de nature à susciter tant d’enthousiasme mais aussi tant d’incompréhension, ce qui dans toute entreprise humaine est un signe de vitalité et même de « Baraka ». 

En s’adressant au Prophète de l’Islam, Cheikh Ahmed Tidiany dit ceci : « ton chemin nous mène parfois à la cité du scandale, là où mon énergie devient débilite, où ma force devient source de calamité ». C’est une façon de parler. C’est une déformation en matière de rhétorique, une entorse analytique qui tient plus précisément à la mysticité. Mais quelqu’un l’a affirmé quelque part, je ne sais qui, je ne sais où : il n’y a que les grands amants de l’histoire qui réussissent dans ce genre d’entreprise. Un grand penseur de l’Islam l’a chanté : « ta passion m’a habité, alors que j’ignorais tout de l’existence d’une passion. Elle a trouvé une âme vierge. Que pouvait-elle faire sinon d’y étendre son empire ? »« Atâny hawâha qabla an a’rif al hawâ wa sâ dafa qalban qaliyan fa tamakana ».

Et cela nous conduit directement avec un recul de quelques années au premier festival des arts nègres. Un festival dont le rayonnement à travers le monde n’est plus à démontrer. André Malraux n’a-t-il pas raison de se déclarer surpris devant l’ampleur du choix, devant la solennité de l’engagement. Et il dit : « pour la première fois, un chef d’état prend entre ses mains périssables le destin spirituel d’un continent ».

Seul Malraux était capable de donner à l’événement cette dimension exceptionnelle. Et un ami français me pose tout de suite la question traditionnelle, une question tant attendue :

-Quel est le mérite de Senghor et des sénégalais dans tout cela ?

Un autre ami sénégalais répond a ma place :

-le mérite de Senghor, c’est d’avoir tenté l’expérience…

Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum 

TAMKHARIT OU ACHOURA

Les dimensions spirituelles d’une fête purement islamique Au nom d’Allah le Miséricordieux par essence et par excellence ! 

Chers frères et sœurs en islam, En évoquant la tamkharite (achoura), beaucoup au Sénégal ne pensent qu’au succulent couscous servi au dîner de la veille et au « Tadjabone » nocturne prenant des airs de mardi gras avec les déguisements et s’accompagnant souvent d’actes de vandalisme et autre délinquance. Certains commémmorent le triste souvenir de l’extermination des descendants de l’Imam Ali (qu’Allah l’agrée), quatrième calife du Prophète Mouhammad  (PSL), à Karbala et d’autres enfin aux mille « Qoul houwallahou » récités par tout le monde y compris par des gens qui s’improvisent dévots l’espace  d’une journée, chapelet à la main parcourant les rues du quartier, prenant toute la collectivité à témoin et caressant au passage la tête d’un orphelin. 

C’est dire que rares sont ceux qui connaissent les dimensions spirituelles de cette fête purement islamique à cause de ses manifestations sociologiques souvent étrangères à l’islam dans sa lettre et son esprit. Pour vous permettre de mieux vivre l’événement il sera dévoilé ici la signification du jour béni de Tamkharite (achoura) (I) et mis en relief les actes recommandés (II) à l’occasion. I- Le sens islamique de la fête de Tamkharite (achoura) 


Toutes les sociétés humaines ont connu à un moment de leur histoire des faits heureux ou malheureux à des périodes de puissance ou de faiblesse, de culture ou d’ignorance, d’ordre ou d’anarchie, de paix ou de domination. Quoi qu’il en soit, ces faits qui marquent la société en bien ou en mal constituent des points d’histoire commémorés. « Telle est la règle d’Allah aux générations passées. Et tu ne trouveras jamais de changement à la règle d’Allah » (Sourate Al Fath, verset 23). Lorsque le Coran relate des récits passés, il ne fait pas de l’histoire événementielle mais se propose d’enseigner aux générations la sagesse divine car derrière chaque récit, il y a une morale et une philosophie. Ainsi Allah s’adressant au Prophète Mouhammad (PSL) nous rappelle : « Avant vous, certes, beaucoup d’évènements se sont passés. Or , parcourez la terre, et voyez ce qu’il est advenu de ceux qui traitent (les prophètes) de menteurs » (Sourate Al Imran, verset 137) ; « Et tout ce que Nous te racontons des récits des messagers, c’est pour en raffermir ton cœur. Et de ceux-ci t’est venue la vérité ainsi qu’une exhortation et un appel aux croyants » (Sourate Hoûd, verset 120) ; « Voilà quelques nouvelles de l’Inconnaissable que Nous te révélons. Tu ne les savais pas, ni toi ni ton peuple avant cela. Sois patient. La fin heureuse sera aux pieux » (Sourate Hoûd, verset 49). 
Commémorer les évènements de l’Islam, c’est se conformer à l’ordre du Seigneur : « Et rappelle ; car le rappel profite aux croyants » (Sourate Az-Zâriyât, verset 55) ; « Eh bien raconte, raconte le récit. Peut-être réfléchiront-ils ! » (Sourate Al A’râf, verset 176). 

Quelle est donc l’histoire relatée à l’occasion du Tamkharite (achoura) et quelle la morale qui la sous-tend ? Il s’agit du récit coranique de la confrontation entre le Prophète Moussa (PL) et Pharaon (Firawna) au sujet de la véracité du message divin : « Nous te racontons en toute vérité, de l’histoire de Moïse et de Pharaon, à l’intention des gens qui croient. Pharaon était hautain sur terre ; il répartit en clans ses habitants, afin d’abuser de la faiblesse de l’un d’eux : Il égorgeait leurs fils et laissait vivantes leurs femmes. Il était vraiment parmi les fauteurs de désordre. Mais Nous voulions favoriser ceux qui avaient été faibles sur terre et en faire des dirigeants et en faire les héritiers, et les établir puissament sur terre, et faire voir à Pharaon, à Hâman et à leurs soldats, ce dont ils redoutaient » (Sourate Al Qasas, versets 3 à 6 et les suivants). A travers ce récit relaté en détail dans le coran dans plusieurs sourates, on comprend que Pharaon était un tyran, un totalitaire et un pervers qui a opprimé son peuple, les divisant pour mieux régner, exterminant les enfants et portant gravement atteinte à la dignité des femmes. Allah voulut renverser les rapports de force en sauvant ce peuple du joug de l’oppression et faisant de ces damnés de la terre des gens dignes, dépositaires permanents de l’autorité et en montrant à Pharaon, à son Premier Ministre Hâman et à leurs soldats le sort réservé aux despotes et mécréants. Pharaon a déployé toute sa puissance et ses ruses mais a fini par être vaincu. La fin de l’histoire est ainsi relatée : « Et nous fimes traverser la mer aux Enfants d’Israël. Pharaon et ses armées les poursuivirent avec acharnement et inimitié. Puis, quand la noyade l’eût atteint, il dit : «  Je crois qu’il n’y a d’autre divinité que Celui en qui les enfants d’Israël ont cru. Et je suis du nombre des soumis. A cela Allah lui dit : « Maintenant ? Alors qu’auparavant tu as désobéi et que tu as été du nombre des corrupteurs ! Nous allons aujourd’hui épargner ton corps, afin que tu deviennes un signe à tes successeurs. Cependant beaucoup de gens ne prêtent aucune attention à Nos signes (d’avertissement) » (Sourate Younouss, versets 90 à 92). La momie de Ramsès II découverte en mai 1900 et exposée au musée du Caire est sans nul doute une confirmation miraculeuse de ce verset. 

Mais au delà de ce récit le musulman doit méditer les similitudes en tous points qui existent dans ce récit et
la Sîrah (histoire de la vie) du Prophète  Mouhammad (PSL) dans ses relations avec la tribu Qoraïch. C’est pourquoi, il convient de voir dans ce récit le triomphe de la foi islamique sur l’infidélité à Allah et au despotisme. Il s’agit d’une fête purement islamique qui tout en étant antérieure à l’Islam dans le récit qu’elle commémore lui est intrinsèquement liée. C’est ce qui explique sa célébration par le Prophète (PSL) qui lui a conféré une solide base de légitimation comme en témoignent les hadiths suivants : « Aïcha a dit : le jour de Achoura était un jour de jeûne pour Qoraïch durant
la Jâhiliya (période antéislamique) et le Prophète (PSL) l’a jeûné durant
la Jâhiliya et quand il s’est installé à Médine, il a continué à le jeûner et a ordonné que le jeûne soit observé en ce jour. Et lorsque le jeûne de Ramadan fût rendu obligatoire, le jeûne a été abandonné en ce sens que celui qui le voulait le jeûnait, et celui qui le voulait ne le jeûnait pas
 » (Boukhari et Mouslim). D’après Abou Moussa Lachari (qu’Allah l’agrée), « Le Jour d’Achoura était célébré par les Juifs comme une fête durant laquelle leurs femmes se paraient de leurs bijoux et autres parures. Et le Prophète (PSL) dit vous aussi observez le jeûne en ce jour ! » (Boukhari et Mouslim). Dans une autre version rapportée par Abdallah Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée), « le Prophète (PSL) est venu à Médine et a trouvé les juifs entrain de jeûner Achoura et il leur dit : c’est quoi donc ce jour de jeûne ? Ils lui dirent : c’est un grand jour : Allah y a sauvé Moïse et son peuple et y a noyé Pharaon et son peuple. Moïse l’a jeûné en reconnaissance au Seigneur et voilà nous le jeûnons. Et le Prophète (PSL) de leur dire : « nous méritons Moïse plus que vous ». Et il jeûna Achoura et ordonna que le jêune soit observé » (Boukhari et Mouslim). Oubaïdallah Ibn Moussa a dit : « Je n’ai pas vu le Prophète (PSL) accordé autant d’importance au jeûne d’un jour autre que les jours de Ramadan si ce n’est le jour de Achoura » (Boukhari et Mouslim). 
II- Les actes recommandés à l’occasion de la fête de tamkharite (achoura) 


La Tamkharite est célébrée le jour (10ème jour de Mouharram ou Achoura) et la nuit qui le précède (9ème jour ou Tâssou’â). On pourrait le comparer au 31 décembre et au jour de l’An dans le calendrier grégorien. La nuit et le jour de Tamkharite (achoura) regorgent de grâces et de bienfaits qu’il importe de connaître pour mieux en tirer profit en adoptant une conduite appropriée. En termes de dévotion, il est particulièrement recommandé de jeûner, de réciter le Coran, de prier, d’implorer le pardon , de faire œuvre charitable, de se montrer solidaire avec les nécessiteux et les orphelins et de faire largesses à l’endroit des membres de sa famille. 
Au chapitre des prières, on retiendra ces hadiths du Prophète (PSL) : « quiconque aura vivifié la nuit de Achoura (par l’accomplissement d’actes de dévotion), sera considéré comme ayant servi Allah à l’image des proches serviteurs ». Et pour vivifier cette nuit, le Prophète a recommandé dans un hadith rapporté par Ibn Mass’oud (qu’Allah l’agrée) « d’accomplir une prière en deux rakaas, dans chacune d’elles, il sera récité une Fatiha et trois « Qoul houwallahou … » (sourate 112) et à fin de la prière : Soubhanallahi, Alhamdoulillahi, La ilâha illallahou et Allahou Akbar, tout ceci 70 fois et il demande pardon 70 fois ». 

Concernant la récitation du Coran, le Prophète (PSL) a dit : « Quiconque aura récité le Jour de l’Achoura mille fois la sourate Al Ikhlass, le Miséricordieux le regardera et quiconque Le Miséricordieux regarde, sera épargné du châtiment ». C’est peut-être la dévotion la plus connue des musulmans. Le Prophète (PSL) a également exhorté les musulmans à faire preuve œuvre pieuse le Jour de l’Achoura : cherchez à tirer le maximum de profit des grâces de ce jour béni privilégié par Allah parmi les jours ; quiconque y observera le jeûne, Allah lui accordera une part de récompense de toutes les dévotions accomplies par les Anges, les Prophètes, les Messagers et les Martyrs ». Il a également dit : « Quiconque y observera le jeûne, Allah lui accordera la récompense  de 10000 Anges, 10000 Martyrs et 10000 pélerins ». « Quiconque observera le jeûne, ses péchés de quarante année seront absous ; c’est comme s’il avait jeûné sa vie durant ». 

E plus du jeûne, il est recommandé de faire la charité : « Quiconque aura donné à manger à un croyant la nuit d’Achoura sera considéré comme ayant donné à manger toute la communauté du Prophète (PSL) » ; « quiconque aura fait l’aumône le Jour de l’Achoura, il sera considéré comme n’ayant jamais renvoyé un nécessiteux » ; « quiconque aura caressé la tête d’un orphelin le Jour de l’Achoura, Allah l’élèvera en dignité autant qu’il y a  de cheveux sur la tête de l’enfant ». Il est important de rappeler que ce geste a une haute portée symbolique et ne saurait se limiter à une gestuelle mécanique. En effet, par cet acte de solidarité et de sympathie, il doit se rappeler la condition de l’orphelin et les prescriptions divines à son sujet et se montrer compatissant. Il est également recommandé de se montrer généreux à l’endroit de sa famille : « Quiconque se montrera généreux à l’endroit de sa progéniture, Allah lui rendra la pareille toute l’année ». C’est ce qui est à l’origine du célèbre dîner de Tamkharite (achoura) partagé en abondance avec la famille et les parents. 

C’est en un mot un jour où toutes les bonnes actions seront récompensées : visite des cimetières, visite aux malades, révérence aux parents, zikr (se souvenir d’Allah), etc.  On ne peut mieux résumer la grandeur du Jour de l’Achoura que ne l’a fait ce hadith du Prophète (PSL) relaté par Abou Houraïra (qu’Allah l’agrée) : « Allah le Très-Haut a prescrit aux enfants d’Israël le jeûne d’un jour dans l’année : le jour de l’Achoura (10ème jour de Mouharram). Jeûnez-le et montrez-vous généreux envers votre famille ; quiconque se montrera généreux à l’endroit de sa progéniture, Allah se montrera généreux à son endroit toute l’année. C’est en effet le jour où Allah a accordé le pardon à Adam, élevé Idris à une haute dignité, sauvé Noé en le sortant de sa pirogue, sauvé Abraham du Feu, révéla
la Thora à Moïse, fait sortir Joseph de la prison, redonné à Jacob la vue, sauvé Ayyoub, fait sortir Jonas des entrailles du poisson, fait traverser la mer aux enfants d’Israël, pardonné à David ses péchés, donné la royauté à Salomon, pardonné à Mouhammad (PSL) tous ses péchés passés et à venir. C’est également le premier jour de
la Création, la première fois où la pluie est tombée est un jour de Achoura, de même la première fois où la miséricorde divine est descendue sur terre. Quiconque y aura observé le jeûne, c’est comme s’il avait accompli un jeûne éternel et c’est le jeûne des Prophètes. Quiconque aura vivifié par ses dévotions la nuit de l’Achoura, c’est comme s’il avait adoré Allah l’équivalent des habitants des sept cieux. Quiconque y aura accompli une prière de quatre rakaas en récitant à chaque rakaa une fois la sourate Fatiha et 50 fois la sourate 112 (Al Ikhlass), Allah lui pardonnera 50 années de péchés. Quiconque aura donné à boire le Jour de l’Achoura, il sera considéré comme n’ayant jamais renvoyé un nécessiteux ; quiconque se sera lavé et purifié le Jour de l’Achoura ne tombera pas malade durant l’année sauf la maladie de la mort ; quiconque aura caressé la tête d’un orphelin ou aura accompli une bonne action à son endroit, c’est comme s’il avait accompli de bonnes actions à l’endroit de tous les orphelins du monde ; quiconque aura rendu visite à un malade, c’est comme s’il avait rendu visite à tous les malades du monde. C’est le jour où Allah a créé le Trône,
la Tablette et le Calame. C’est le jour où l’Archange Gabriel a été créé, le Jour de l’Ascension de Jésus et ce sera le Jour de la Fin du monde
 ». 
Autrement dit, le Jour de l’Achoura est un jour anniversaire des plus grands évènements de l’Univers, de l’Islam et de l’Humanité 

Tout acte ou toute volonté exprimée par le Prophète Muhammad (Saws) de réaliser un désir constitue une Sounah pour le fidèle musulman.

La Achoura ou Tamkharit en Wolof sera célébrée mercredi, 15 décembre, correspondant au 10e jour du mois lunaire de Moharrem. La tradition musulmane enseigne que ce sont des moments qui offraient une autre opportunité au Sceau des prophètes, Seydina Muhammad (Saws), d’accomplir des actes de dévotion, de quête de pardon, etc.

Parmi les recommandations enseignées par l’Elu du Tout Puissant, Allah Soub’hanahou Wa Taha’lah, figurent 10 actes de dévotion. Donc, au-delà de la dégustation du couscous, des séances de « Tadiabone », du « Keup », la célébration de la Achoura implique des faits et gestes dans le sens de se procurer des bienfaits du Très Haut. Il s’agit de : jeûner la journée du vendredi, faire une prière (seul ou en communauté), se laver (grande ablution), se tailler les ongles, caresser la tête d’un orphelin de père, faire la charité, mettre du Kohl (Tousngueul) aux sourcils, faire preuve de largesse alimentaire à l’endroit des siens, rendre une visite de courtoisie (Ziara) à un érudit, et réciter mille (1000) fois la Sourate « Al Ikhlaass ».

Pour ce qui est du jeûne de la journée d’Al Achoura, on retient que Seydatouna Ahisha, sainte épouse du Prophète Muhammad (Saws) renseigne « qu’en plus du jeûne du mois de Ramadan, Seydina Muhammad (Saws) a jeûné la journée de la Achoura ». Aussi, des Hadith authentiques révèlent que Seydina Muhammad (Saws) avait émis la ferme volonté de jeûner le 9e jour du mois de Moharrem, c’est-à-dire la veille de la Achoura , s’il était encore en vie. Mais il fut rappelé au Créateur avant. Par ailleurs, il faut rappeler que la recommandation ayant trait à bien faire manger la famille est à la base de la forte consommation du couscous. Car, les anciens étaient convaincus que le « Tiéré » est le mets le plus adéquat pour régaler la personne. Mais on peut aussi bien préparer le riz ou autre repas ; pourvu que la largesse du chef de famille soit effective.

En outre, la prière de la Achoura peut s’accomplir en deux séances : la nuit de la veille et le jour proprement dit. C’est une prière surérogatoire (Nafila). Il est à noter aussi que, les érudits conseillent de réciter sept (7) fois la prière qui suit le jour de la Tamkharit : Soub’hana lah, Mil elmizaan, Wa Mounta Al Elmi, Wa mabla kharida, Wa Zinatal Archi, laa mal dia, wala man dia, mina lahi, illah iley hi, Soub’hana lahi, Adada Chaf’hi, Wal Wattri, Wa Adada Kalimati lahi, Taamati, Kouli haa, As Alouka, Salamata, Bi Rahmatika Yaa Ar hama Rahimiin, Wala Aw’la, Wala Khouwata, Illa Bilahil, Aliyil Azim. Wa Ouwa Asbii, Wane’h mal Wakiil, Ne’h Mal Mawlaa, Wa Ne’h Ma Nassir ».

A défaut de maîtriser cette prière, le fidèle a la latitude de dire soixante-dix (70) fois : « Asbiya Allahou, Wa Ne’h Mal Wakiil, Ne’h Mal Mawlaa, Wa Ne’h Mal Wakiil ».

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