INTERVIEW D’UNE FEMME MOUSTARCHIDA (45 Pages) 

 

I     IDENTITE  DE
LA MOUSTARCHIDA 

 

Question : 

Nous entendons souvent parler de la femme Moustarchida, pouvez-vous me parler d’elle ? 

 

Réponse 

C’est une femme qui s’est inscrite à l’école de Seydi Mouhamadou Moustapha SY. Une femme en quête de valeurs sures, une femme dont le but est de se perfectionner afin d’acquérir des vertus nobles qu’exige la personnalité musulmane. Le vocable de « Soxna » est l’identité par excellence de toute Moustarchida. 

 

Question : 

Qu’entendez-vous par « Soxna » ? 

 

Réponse 

La « Soxna » est cette femme qui a pour vocation de collectionner des vertus, on les imagine sous forme d’un  joli collier fait de pierres précieuses à son cou qu’elle porte avec fierté. Ces pierres ne sont autres que ces valeurs qui composent sa personnalité, à savoir la dignité, la fidélité, la pudeur etc. Elle doit à tout prix lutter pour la sauvegarde de ce collier symbole. 

 

Question : 

Qu’est ce qui différencie alors la femme Moustarchida de la femme musulmane ?. 

 

Réponse 

La femme Moustarchida accepte de se remettre perpétuellement en question, chaque jour, chaque heure, chaque minute est pour elle une nouvelle occasion de se parfaire et de se cultiver. 

 

Question : 

Que représente Seydi Mouhamadou Moustapha SY pour vous les Moustarchidas ? 

 

Réponse 

C’est une question à laquelle il est très difficile à répondre, mais je vais essayer de le faire brièvement. Serigne Moustapha est notre Responsable moral, il est en fait ce médecin qui a accepté de nous prendre en charge dans sa clinique afin de nous guérir de ces épidémies que connaît le monde. Ces épidémies que sont la vulgarité, la mesquinerie, la haine etc.. 

. Il est aussi ce Père responsable, qui nous a trouvé orphelin et nous a offert un foyer doux et chaleureux, sans rien nous demander en retour. 

. Il est aussi ce guerrier qui entraîne ses soldats dans les champs de bataille, pour leur apprendre ce qu’est être un « homme ». 

Seydi Mouhamadou Moustapha SY est pour nous les Moustarchidas notre chef de guerre, notre chef politique, mais aussi notre responsable moral. En résumé il nous fait penser au Prophète dont Lamartine disait : « Celui là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité : il a remué de plus des idées, des croyances, des âmes. Il a fondé sur un Livre dont chaque lettre est devenue loi une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toutes les langues et de toutes races, il a imprimé aux caractères indélébiles de cette nationalité musulmane, la haine des faux dieux et la passion de Dieu Un et immatériel. Philosophe, orateur, législateur, apôtre, guerrier, conquérant des idées, restaurateur de dogmes rationnels d’un culte sans image, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet (saw), à toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine : Quel Homme fut plus grand ? » Donc comme dit le proverbe Wolof « Fimunu dieulé fimu nou dieumé ko gueune » 

 

 

Question : 

Vous êtes des musulmans et vous appartenez à la confrérie Tijiane, nous pouvons dire par là que
la Moustarchida appartient donc à une religion et à une confrérie précise ? 

 

Réponse 

En fait, la morale et la personnalité ne sont pas des vertus propres à telle religion ou confrérie car Serigne Cheikh Ahmed Tijiane SY nous dit ceci «  Etre trop juif, trop chrétien ou même trop musulman, cela risque de nous basculer dans le vide du sectarisme. Soyez partisans de Dieu si vous voulez vivre en Paix. » 

 

Question : 

Pour faire un résumé sur l’identité de la femme Moustarchida, pouvez-vous nous parler de sa nationalité, de ses origines, repères ou références ?. 

 

Réponse 

Elle n’est d’aucune nation, d’aucune race, car la bonté n’est l’apanage d’aucun pays, la seule demeure de
la Moustarchida réside là où est la vertu. 


La Moustarchida a comme référence toute femme qui a fait le choix de se sacrifier pour une cause noble et juste, elle a fait de ces femmes vertueuses, ses modèles de référence et ses marraines. Nous avons l’exemple de Seydatouna Khadija (première épouse du Prophète Mohamed), Seydatouna Mariam (mère de Jésus christ), Seydatouna Acia (épouse du Pharaon d’Egypte) Seydatouna Rokhaya NDIAYE (épouse d’El Hadji Malick SY), Mame Diarra Bousso (mère de Serigne Touba). Etc car un proverbe Wolof nous dit « Fou ndox dane taa kou fa deme fek fa tepe tepe » 

 

Question : 

Vous semblez oublier que vous n’êtes pas de la même époque ou de la même génération, ne pensez vous pas que certaines valeurs soient obsolètes ? 

 

Réponse 

Un proverbe wolof nous dit « naju demb du wowale potou teye », ce qui signifie qu’en toute chose il faut distinguer la forme du fond. Les prophètes sont nos modèles de vertus même si des siècles nous séparent d’eux. L’être humain a toujours besoin de références pour persévérer, et cela dans tous les domaines. Les marraines que je viens de citer ont imprimé dans l’histoire de l’humanité des marques que le temps ne pourra jamais effacer. Elles étaient non seulement cultivées, mais elles étaient des modèles de droiture, des amazones qui aux cotés de leur époux ont fait preuve de dévouement, de fidélité et d’abnégation. 

Aux cotés de leurs enfants, elles ont été toujours présentes, toujours attentionnées, et rigoureuses pour leur inculquer la meilleure éducation. Il est vrai que les temps ont changé, mais la personnalité n’est pas une mode qui change au gré du vent, les valeurs qui font la dignité de la femme aussi ne changent pas. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

II     MOUSTARCHIDA ET CULTURE 

 

Question : 

Vous venez de dire que vos références et marraines étaient cultivées, voulez vous dire que
la Moustarchida est une femme cultivée ? 

 

Réponse :

Vous savez, le 1ier verset du Saint Coran nous recommande d’apprendre : « Lis ! ». Cet effort intellectuel débute au berceau pour ne finir qu’à la tombe. Donc essayer de vaincre l’ignorance est notre première responsabilité, car la femme est une école qui doit produire des élèves modèles. « La quête du savoir est un devoir pour chaque musulman et musulmane » et serigne Cheikh disait : « djiguène diangame yarame moye defar rew ». 

 

Question : 

Pouvez-vous me dire si
la Moustarchida est une femme moderne ou traditionnelle ? 

 

Réponse : 

Elle ne cherche ni la modernité ni la tradition, mais elle cherche à être un modèle de vertu. 

 

Question : 

Pour être plus exacte dans ma question, est-elle une femme branchée, ou une femme casanière ? 

 

Réponse : 

Vous savez la moustarchida lutte contre toute forme d’agression culturelle, qu’elle soit moderne ou traditionnelle. Elle est une femme branchée, mais branchée à la source divine. Sa personnalité se veut être la synthèse de toutes les valeurs nobles, qu’elles appartiennent au passé comme au présent. 

 

Question : 

En parlant de tradition nous entendons souvent votre Responsable moral vous conseiller de vous méfier de certaines valeurs traditionnelles, pourquoi exactement ? 

 

Réponse : 

Dans sa vie, l’être est appelé à choisir entre le bien et le mal, entre les valeurs essentielles et les valeurs traditionnelles. Les valeurs essentielles forgent sa personnalité et font de l’homme un responsable, un acteur de développement tandis que les valeurs traditionnelles sont pour la plupart du temps faites de préjugés, et font de l’homme un otage. Toutes les valeurs traditionnelles ne sont pas bien sûr mauvaises, mais nous devons garder notre autonomie et savoir que nous sommes des serviteurs d’un Dieu unique. 


 

III     MOUSTARCHIDA ET LOISIRS 

 

Question : 

Participez-vous à certaines activités traditionnelles, comme les manifestations communément appelés « tours » ?  

 

Réponse  : 

Nous vivons dans une société très complexe, où les valeurs traditionnelles sont fortement ancrées dans nos vies de tous les jours. Nous ne pouvons en aucun cas les balayer d’un revers de main, mais nous pouvons par contre proposer des valeurs de remplacement, instaurer une autre mode de vie plus équilibrée et plus saine. La particularité de
la Moustarchida réside dans son sens de la mesure et elle ne pense jamais troquer ses valeurs essentielles contre des valeurs purement traditionnelles. 

 

Question : 

J’ai eu à assister à certains « tours » mais ils ressemblent à des séances d’exhibitionnisme, qu’en pensez-vous ? 

 

Réponse  : 

Notre corps nous a été confié par le Seigneur, donc nous devons en prendre soin. Certaines de nos sœurs ont tendance à confondre distraction et dépravation, une distraction saine est toujours recommandée, car elle participe à l’épanouissement de l’âme. Donner plaisir aux sens sous quelque forme que ce soit si cela ne cadre pas avec la légalité est simplement fornication. Et ce qui est dommage dans tout cela c’est que cela mène vers certaines déviations. 

 

Question : 

Pouvez-vous me parler des passions de
la Moustarchida ? 

 

 

 

Réponse  : 

« Il y’avait en mon cœur, bien des désirs, mais tous ont conflué, depuis que mon œil t’a vu » disait Mansour Hallaj à son Seigneur. La moustarchida est une femme comme toutes les autres avec des désirs, des goûts mais sa passion pour son Seigneur prime sur toute autre passion. « Sa passion m’a habitée alors que j’ignorai l’existence d’une passion elle trouvait une âme vierge alors que pouvait elle faire d’autre sinon d’y étendre son empire » disait un soufi. 

 

Question : 

Pour être plus exacte, si vous êtes des femmes comme toutes les autres, alors vous aimez sortir, bref vous défouler, décompresser ! 

 

Réponse  : 

La moustarchida est au rendez-vous de tout divertissement qui ne nuit pas à sa morale. Elle se permet de fréquenter les plages, d’écouter de la musique, d’admirer de beaux tableaux, car toutes ces choses sont les bienfaits du Seigneur à l’égard de la créature. Comment ne pourrait- elle pas apprécier ces chefs d’œuvre comme cette immense étendue d’eau, cette musique qui la berce, et ce ciel qui l’observe ; elle est appelée à voir en toute chose l’image de Dieu. 

 

Question : 

Aimez-vous écouter de la musique comme la plupart des jeunes de votre âge ? 

 

Réponse  : 

Nous avons un orchestre dans notre mouvement, donc nous aimons la musique. Seulement nous préférons écouter une musique qui éveille notre âme, une musique qui nous cultive et nous rappelle notre source Dieu. Cheikh Ahmed Tidiane Chérif lui-même avait son propre orchestre qu’il faisait jouer avant son audience avec le Seigneur. Malheureusement la musique que nous entendons souvent nous tympanise plus qu’elle nous enseigne. 

 

Question : 

Est que la personnalité musulmane ne constitue pas un frein à 

L’épanouissement de la moustarchida ? 

 

Réponse  : 

Comment voulez-vous que la personnalité soit un frein ? Elle n’est qu’un garde fou qui permet de faire face aux tendances. L’épanouissement pour la moustarchida réside dans l’harmonie entre son corps, son esprit, son cœur et son âme. 

 

Question : 

Est-ce que dans vos distractions, vous aimez faire du shopping ou « lèche- vitrines » ? 

 

Réponse  : 

Notre guide nous a appris « que seule une femme éduquée doit faire les boutiques, pour ne pas tomber dans la tentation car elle ne risque pas de faire des achats inutiles ». Vous savez l’oisiveté est la mère de tous les vices. Que Dieu nous en préserve !. 

 

Question : 

Quels sont vos passe- temps favoris ? 

 

Réponse  : 

Nous adorons revisiter le Saint Coran, qui est notre source d’inspiration mais aussi notre musique favorite. Le moment qui nous remplit de bonheur absolu est nos heures de communion avec Dieu, d’où notre penchant pour les prières surérogatoires. Sinon nous aimons aussi la solitude, car Serigne Moustapha nous rappelle que « Dans le silence et la solitude on n’entend que l’essentiel ». 

 

 

 

 

 


 

IV     MOUSTARCHIDA ET SPORT 

 

Question : 

Faites -vous du sport ? 

 

Réponse  : 

Bien sur « un esprit saint dans un corps saint » nous dit le proverbe. 

 

Question : 

Alors vous faites donc du sport pour garder la ligne ? 

 

Réponse  : 

Nous faisons du sport pour nous maintenir en bonne santé mais la seule ligne que nous voulons garder est notre ligne de conduite sur cette voix balisée par le Seigneur.. 

 

Question : 

Voulez-vous dire que votre apparence physique vous importe peu ? Que vous soyez obèse ou autre ? 

 

Réponse  : 

Ni obèse, ni anorexique ce sont des maladies qui sont les limites extrèmes des canons de beauté ; d’autant plus qu’une obésité liée à notre gourmandise nous est interdite par le Prophète Mohamed. « Manger pour vivre est mieux que vivre pour manger » nous dit Serigne Moustapha.  L’Islam nous recommande surtout de veiller à notre hygiène de vie. 

 

Question : 

Que pensez-vous de la mode, et des publicités en général ? 

 

 

Réponse  : 

Je l’ai dit, nous ne devons pas être ces vitrines qui font refléter la mode, mais nous devons être des modèles. Nous n’avons rien contre ces publicités qui utilisent les femmes, mais il faut qu’il y’ait un minimum de décence et de pudeur dans notre accoutrement. Vendre un produit est une activité commerciale mais vendre son corps est un délit. 

 

Question : 

Voulez-vous dire que certaines publicités sont dangereuses pour la femme ? 

 

Réponse  : 

La publicité a toujours existé dans nos sociétés, mais telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, elle a tendance à dévaloriser nos sœurs. Un penseur nous dit ceci : « combien de fois sont elles traitées non comme des personnes dotées d’une dignité inviolable mais comme des objets dont la fin est de satisfaire les appétits de domination ou de plaisir des autres ? Combien de fois la mission de la femme comme épouse et mère est elle dépréciée ou même ridiculisée ? ».  

 

Question : 

Vous semblez ne pas apprécier la mondialisation ? 

 

Réponse  : 

Parler d’un village planétaire est bien beau, mais la mondialisation des tendances et des vices est autre chose. Un sage nous disait ceci « il n’est pas mauvais de vivre mieux, mais ce qui est mauvais c’est le style de vie qui prétend être le meilleur quand il oriente vers l’avoir et non vers l’être, et quand on veut avoir plus, non pour être plus mais pour consommer l’existence avec une jouissance qui est en elle-même sa fin ». 

 

 

V     MOUSTARCHIDA ET SANTE 

 

Question : 

Pour en revenir à la citation « un esprit saint dans un corps saint » parlez moi de  la santé ? 

 

Réponse  : 

Vous savez la santé comme vous l’appelez passe d’abord par la santé morale, la santé mentale avant d’être une question physique. Les maladies dites modernes comme le stress, la dépression et même les tensions artérielles sont dues pour la plupart du temps à un manque d’hygiène de vie mais aussi à un manque de foi. Dieu est au début et à la fin de tout. Comme disait Serigne Cheikh nous devons avoir confiance en Dieu : « Wolou Yalla » 

 

Question : 

Avez-vous peur de la maladie ? 

 

Réponse  : 

Bien sûr puisqu’elle empêche d’adorer Dieu, mais elle peut être aussi une forme d’expiation de péchés. Un sage nous disait ceci : « L’épreuve par les calamités et les souffrances purifient les âmes et absout les péchés ». Jacques Maritain disait : 

La maladie que nous redoutons le plus est la maladie du cœur, c’est cela le vrai handicap, le Coran nous dit : «  ils sont sourds, muets et aveugles »   

 

Question : 

Avez-vous peur de la mort ? 

 

Réponse  : 

Non puisqu’elle est la porte qui s’ouvre vers notre vraie demeure, elle est cette voie qui mène au Paradis. N’est –ce pas que Serigne Cheikh nous dit qu’elle n’est qu’un profond sommeil. Le Prophète nous a recommandé de mourir avant la mort ou plus exactement de faire notre jeûne de ce monde pour mériter le Paradis. Mais en général tout le monde a peur de la mort. 

 

Question : 

Vous ne pensez pas que le concept « mourir avant la mort » est un peu fort ? Voulez-vous insinuer que rien ne vous intéresse ? 

 

Réponse  : 

Un sage disait « c’est mon corps qui est dans cette boutique mais mon cœur est avec Dieu ». Effectivement, nous sommes en exil sur cette terre, nous ne sommes que des locataires qui vivons sur terre pour une période déterminée. Notre seul objectif est de ne pas être en conflit avec notre source qui est Dieu. 

 

Question : 

Utilisez-vous des soins esthétiques pour vous faire belle ? 

 

Réponse  : 

Pour
la Moustarchida, se débarrasser des tares internes est de loin plus important que de s’occuper des tares externes. C’est simplement une question de priorité. Mais nous aimons ce qui est beau, car Dieu est beauté. 

 

Question : 

Utilisez-vous alors des produits éclaircissants ? (Xéssal) 

 

Réponse  : 

L’Islam ne nous l’interdit pas, dans ce domaine « seule la conscience du médecin est interpellée ». Moi personnellement j’aime tout ce qui est naturel, et je suis fière d’être noire, comme
la Kaaba, comme la pierre noire etc.. 

 

VI     MOUSTARCHIDA ET FEMINITE 

 

Question : 

Avez-vous recours au maquillage ? 

 

Réponse  : 

« Le maquillage nous dit Serigne Cheikh casse l’harmonie de la beauté », mais rajoute t-il, il nous est recommandé d’avoir un visage charmant. Vous savez, trop de maquillage, trop d’accessoires peuvent tromper notre entourage sur notre apparence véritable. Nous ne devons pas cultiver l’extravagance, mais nous avons des goûts raffinés, simples et naturels. Cependant s’occuper de soi, est pour le musulman un acte d’adoration, car le Seigneur nous a confié la protection de notre corps dans son ensemble. Savez-vous que le spectacle d’une belle femme très bien coiffée est un sujet d’admiration chez les anges, à la seule condition que cette femme soit un modèle de vertu. Al Muttanabi disait : « la cité a cassé la beauté de nos femmes, elles sont devenues toutes des personnes plus ou moins fardées. Une beauté éloignée de sa nature profonde, c’est plus que du gâchis, c’est une trahison » 

 

Question : 

Aimez-vous les parures ? 

 

Réponse  : 

La femme aime tout ce qui est beau, mais pour nous Moustarchida, la plus belle parure reste la personnalité. Comme le disait Serigne Moustapha « mieux vaut avoir un cœur en or que d’être assis sur une chaise en or ». Le Prophète Mohamed disait : « Si le monde est un collier, la femme vertueuse en serait le pendentif ». Notre passion pour Dieu, ne nous interdit pas d’être une femme coquette et belle, l’essentiel c’est de ne pas être cette vitrine où se reflètent toutes les modes. 

 

Question : 

Dites moi alors quelles sont les armes de la moustarchida pour séduire les hommes comme disent les jeunes filles ou pour pêcher « un thiof » « gros poisson »? 

 

Réponse  : 

Celui que nous essayons « d’appâter » ou de séduire, c’est le Seigneur des hommes, et pour lui nous sommes prêtes à tout. Et puisque c’est la main de ce Seigneur qui oriente toute chose, il nous suffit simplement d’adorer Dieu pour voir tous nos désirs se réaliser. 

 

Question : 

Voulez-vous dire par là que vous n’utilisez aucune forme de séduction ? 

 

Réponse  : 

Nous sommes des êtres humains, donc sensibles mais c’est le mot Séduire qui me gène un peu. Vous savez nous n’avons pas une machine à calculer à la place du cœur, nos sentiments sont naturels. Serigne Cheikh nous a d’ailleurs appris que celui qui est habitué aux calculs tombe souvent dans un piège, car toujours le chiffre attendu lui fait défaut. Se faire une beauté est un acte d’adoration, se faire belle aussi pour son époux est aussi acte d’adoration. 

 

Question : 

Vous n’utilisez pas alors certaines perles de séduction comme les « dialedialy » 

 

Réponse  : 

Elles font parties de nos traditions, seulement l’Islam recommande la pudeur et la décence. Séduire son mari entre dans la légitimité, c’est surtout privé, mais provoquer autrui est un péché. Notre entourage immédiat n’est pas sensé savoir ou voir si nous portons ou non des perles, seuls nos intimes ou plus exactement notre conjoint y a droit, car tout ce que nous faisons dans ce domaine est un acte d’adoration. 

 

Question : 

Est-il vrai que l’Islam interdit tout ce qui est greffage, rajout etc.. ? 

 

Réponse  : 

Vous savez, l’Islam s’intéresse plus aux questions de fond que de forme. Il se préoccupe plus de la dignité de la femme, de ses valeurs que de son apparence physique, car comme le dit l’adage « l’apparence est souvent trompeuse ». 

 

Question : 

Si l’apparence est trompeuse, pourquoi alors nous voyons toujours les moustarchidas, en tenue blanche, vous semblez avoir une tenue qui vous est propre ? 

 

Réponse  : 

Vous savez la couleur blanche est symbole de pureté, de virginité mais comme le dit l’adage « l’habit ne fait pas le moine ». Nous avons stratégiquement choisi de nous habiller en tissu « popeline » un tissu pas cher, pour mettre de l’harmonie, pour qu’il n’y ait  aucune discrimination de race, sexe ou autre. Pour nos cérémonies, nous sommes en tenues blanches, pour affirmer notre appartenance à la même cause, au même idéal et au même guide. 

 

Question : 

Et en dehors des cérémonies, comment s’habille
la Moustarchida ? 

 

Réponse  : 

Nous sommes des soldats, des pionniers, les tenues blanches ne sont que des uniformes. Nous les portons, si le moment l’exige, en d’autres circonstances, nous avons d’autres accoutrements. Tout habit qui épouse notre personnalité est le bienvenu chez les moustarchidas, que ce soit le jean ou la robe, l’essentiel est qu’il réponde à certaines normes de décence. 

 

Question : 

Que pensez-vous du voile islamique ? 

 

Réponse  : 

Voiler son cœur contre toutes formes d’agressions pour moi, est plus important que de se voiler tout en ayant un comportement douteux. Le port du voile est une tradition arabe, par contre ce que l’Islam demande à la femme c’est de couvrir ses parties intimes mais pas de semer la terreur. L’habit ne doit pas être transparent, ni court, ni serré, car il risque d’encourager les hommes aux mœurs légères de nous agresser.   

 

Question : 

Récemment nous avons entendu parler des signes ostentatoires, ou ostensibles, qu’en pensez-vous ? 

 

Réponse  : 

Il ne faut pas se laisser distraire par certains vocables, ostentatoires ou ostensibles, c’est toujours la même chose. Parler de ces signes c’est parler simplement du voile qui dérange, ou plus exactement de l’Islam qui dérange. Donc le voile n’est qu’un prétexte pour atteindre l’Islam, mais comme nous le disons souvent : nos ennemis  veulent éteindre le flambeau de l’ISLAM mais ils ne font que l’augmenter. 

 

Question : 

En parlant des signes, nous voyons que les moustarchidas tendent la main en faisant une génuflexion, quel en est le sens ? 

C’est simplement un signe de respect, lors d’une causerie serigne cheikh nous racontait l’histoire d’une famille aristocrate  à laquelle il était allé rendre visite. A son arrivée les jeunes garçons lui donnaient les deux mains pour le saluer et les filles lui tendaient la main avec génuflexion. Et serigne Moustapha nous a recommandé de prendre ces exemples. 

 


 

VII     MOUSTARCHIDA ET ANNEE DE
LA FEMME 

 

Question : 

Que représente la journée internationale de la femme, pour la femme moustarchida ? 

 

Réponse  : 

Seydi Mouhamadou Moustapha SY, avait décrété l’année 1987, année de la femme Moustarchida avec comme thème central : la personnalité de la femme musulmane avec un suivi sur dix ans. L’ouverture officielle a eu lieu le 03 juin 1987 à 10h, à la foire internationale de Dakar, voilà plus de 20 ans déjà. 

 

Question : 

Pouvez-vous nous rappeler un peu le discours de votre responsable moral ? 

 

Réponse  : 

Seydi Mouhamadou Moustapha SY disait dans son introduction : 

« Certes, beaucoup de gens se poseront la question de savoir : Pourquoi une Dahira et une année de la femme ? Car l’année internationale de
la Femme décrétée sous l’initiative de l’O.N.U. devrait largement couvrir tous les besoins de la femme en ce monde plein de mutations. Mais, la réponse est simple : il s’agit de savoir que « bâtir une société modèle » n’est pas une tâche que l’on peut achever en une année….Bâtir une société modèle est un chef-d’œuvre qui exige une action rémunératrice et permanente, de siècle en siècle et d’une année à une autre. 

Et la femme en tant qu’actrice principale de toute cette mise en scène doit mériter l’attention de tous. Car depuis l’aube de l’humanité, elle n’a cessé de mener une lutte sans merci pour la sauvegarde de l’être humain, malgré les nombreux obstacles qui se dressent sur son chemin. « Un passé tragique a imprimé le casier judiciaire de cette mignonne créature ; des qualifications erronées ont falsifié son identité pour l’empêcher d’obtenir le visa d’entrée qui peut faciliter son intégration aux rangs des hommes. Dans toutes les entreprises de vie, elle a toujours été victime d’accusations de toutes sortes.» 

 

Question : 

Quel était l’esprit de cette année de la femme Moustarchida ? 

 

Réponse  : 

Seydi Mouhamadou Moustapha SY disait : « une beauté physique sans valeur morale ni personnalité est comparable à une lampe-tempête sur la tombe d’un mécréant ». L’année de la femme moustarchida avait pour but de faire comprendre à la femme, que comme son nom l’indique « yaye kan ?» qui signifie « qui es tu ? », elle est appelée à donner une réponse. Elle compose la moitié de l’humanité et porte l’autre moitié, elle doit être éduquée afin de mener à bien sa lourde responsabilité de mère de l’humanité. Le Prophète nous dit : « Elle est  cette école qui forme tout homme ». Serigne Moustapha nous a appris que la femme Moustarchida doit être ce miroir où reflétera prochainement l’image d’une société modèle. 

 

Question : 

Quel était le thème central de cette année ? 

 

Réponse  : 

Le thème central a été traité à Saint Louis le 1ier février 1987 par le responsable moral Seydi Mouhamadou Moustapha et portait sur la personnalité musulmane. Cependant il faudrait faire la distinction entre Personne et Personnalité. La personne s’intéresse au physique, elle est une mode tandis que la personnalité est une incarnation, elle se compose de valeurs que l’on acquiert au fil du temps. Il disait aussi que la personnalité est comme cet habit communément appelé dans notre société  «l’habit des baye fall » que composent plusieurs coupons de tissus. Cela signifie que la femme doit être à la conquête perpétuelle de valeurs et de vertus. 

Question : 

Quels sont les thèmes qui ont été abordés pendant cette année ? 

 

Réponse  : 

Les 4 trimestres de l’année ont été attribuées aux marraines suivantes : 

Le 1ier Trimestre  : Khadijia ou la femme socle de la mission Prophétique, avec des thèmes comme :
la Personnalité de la femme musulmane, le planning familial. 

Le 2ième Trimestre  : Fatima ou la femme courroie pour l’éternité de la mission Prophétique, avec des thèmes comme : Initiation mystique de la femme, femme et féminisme, femme et travail, femme face à ses sœurs marginalisées, femme mère de l’humanité ou compagne de l’homme etc. 

Le 3ième Trimestre  : Soxna Rokhaya NDIAYE ou l’idéal de la musulmane négro-africaine pour la continuité de la mission prophétique, avec des thèmes comme : Femme et intégration à la vie mystique, devoir des parents vis-à-vis des enfants, femme musulmane face aux traditions. 

Le 4ième Trimestre  : Soxna Astou KANE ou l’annonce de la nouvelle vague pour l’affirmation de l’universalité de l’homme, avec des thèmes comme : crise actuelle du mariage, éducation musulmane. 

A cette occasion trois écoles ont été créées dont chacune constitue un modèle de référence pour la femme musulmane. 

La première école avait pour Marraine Fatima, fille cadette du Prophète pour symboliser le volet spirituel

La deuxième école, avec Aicha, troisième épouse du Prophète qui était le modèle sur le plan culturel et intellectuel (+ de 1200 hadiths)

La troisième école, avec Khadijia, première épouse du Prophète qui symbolisait l’idéal de la femme musulmane pour son assistance sans réserve au Prophète dans l’accomplissement de sa mission. 

 

 

 

Question : 

Vous avez tout à l’heure parlé d’un thème sur l’intégration de la femme à la vie mystique, pensez-vous que la femme puisse se comparer à l’homme dans le domaine spirituel ? 

 

Réponse  : 

Dieu dans le Coran parle des croyants et des croyantes, il ne fait aucune distinction de sexe ou de race en ce qui concerne les pratiques, il parle de serviteurs. Dieu s’adresse aux âmes et aux cœurs tout simplement. Le saint Coran nous dit « nous vous avons crée d’un homme et d’une femme, et nous vous avons désignés en nations et tribus, pour que vous vous entre-connaissiez, le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, c’est le plus vertueux » . 

Et nous pouvons même aller plus loin en disant que dans ce domaine précis, la femme a plus de dispositions que l’homme car elle est plus sensible, plus réceptive etc. 

 

Question : 

Pouvez vous me donnez  des exemples de femmes qui ont réussi dans le domaine de la spiritualité ou du mysticisme ? 

 

Réponse  : 

Nous avons RABIYAL ADAWIYA qui disait en s’adressant à Dieu : « Seigneur, me voici devant vous, je ne dispose en moi que de deux amours : l’un m’appartient il s’agit d’un sentiment d’union dont les hommes d’ici-bas ne possèdent pas les clés maîtresses pour m’en servir, je vous le laisse. L’autre vous appartient, car c’est le lien sacré qui attache ma toute petite créature à votre Tout Seigneur » 

Nous avons aussi l’exemple de Fatima, qui passait le plus clair de son temps à prier, et le Prophète la réveillait pour qu’elle prie la nuit. 

 

 

Question : 

Dans nos sociétés nous entendons souvent dire que trop de piété n’est pas recommandé chez la femme. 

 

Réponse  : 

Il ne faut pas perdre de vu que nos ancêtres ont été convertis à l’islam, et qu’avant cela ils étaient des animistes. Certaines pratiques et pensées demeurent toujours.   

Ce sont les mêmes idées qu’avaient les arabes avant l’avènement de l’Islam, d’où le sens de ce verset du Coran qui disait : « Quand on annonçait à quelqu’un la naissance d’une fille, sa figure s’obscurcissait et se couvrait de soucis. Il évitait la société pour ne pas rougir de ce qui lui a été annoncé. Combien de tels hommes ont tort. »  «  et si l’on demandait à l’enterrée vivante quel mal a-t-elle commis pour être mise à mort ». La femme a de tout temps été victime de préjugés de toute sorte, qui ont été surtout véhiculés par certains proverbes : jiguène sopal té bul woolu, xélu jigen dafa seug ni ay wénam seugué, etc.. 

 

Question : 

Vous voulez dire que c’est à cause de ces préjugés que la femme est souvent considérée comme l’alliée de Satan ? 

 

Réponse  : 

L’auteur du livre « comprendre les femmes et leur psychologie profonde » l’a très bien dit en nous traçant le portrait de la femme en Occident et en Orient. La femme a toujours été enfermée dans des interdits sociaux qui entravent sa liberté, on la traite de tous les noms : « Elle flotte, elle hésite, en un mot, elle est femme », pour eux la féminité n’a d’autre but que de se faire remarquer et aimer. 

Vous savez la femme a beaucoup de dispositions donc si elle n’est pas bien orientée elle risque d’être nuisible à la société. Les hormones femelles prédisposent à la stabilité, la réceptivité, pour certains « la femme ressent les choses, pendant que l’homme raisonne », mais l’on ne doit pas confondre féminité et faiblesse. 

Question : 

« On ne naît pas femme on le devient » disait Simone de Beauvoir, qu’en pensez vous ? 

 

Réponse  : 


La Féminité et la masculinité sont des comportements, des attitudes, des façons d’agir devant les circonstances.. Un sage nous disait « la femme est la mère patrie de l’homme, vers qui il revient toujours entre deux voyages et sans laquelle, il est perdu ». Nous entendons par cette citation que pour être une femme comme le dit Simone de Beauvoir, il faut beaucoup de qualités, telle que la patience, la souplesse, la lucidité, la ténacité etc. la féminité se cultive. 

 

Question : 

Que pensez-vous des vocables comme : Emancipation de la femme, liberté et égalité  ? 

 

Réponse  : 

Je crois que la femme musulmane est une femme émancipée, une femme libre, et voire même supérieure à l’homme, puisque c’est à elle que Dieu a confié la lourde tâche qui est la maternité. Si aujourd’hui  nous entendons ces termes c’est pour donner à la femme une autre identité différente de celle de la femme musulmane. Si l’on revisite l’histoire on se rend compte qu’avant la venue de l’Islam, les femmes n’avaient aucune valeur, elles n’avaient pas la parole, elles ne sortaient pas. Mais avec le Prophète (PSL), elles se permettaient même de revendiquer des droits à travers leur représentante qui n’était autre que l’épouse du Prophète Mohamed, elles participaient aux guerres, aux prières etc. 

 

Question : 

Pourquoi la femme est elle toujours sous tutelle ? 

 

Réponse  : 

C’est tout simplement à cause de sa fragilité et de son importance. Une lourde responsabilité lui est confiée, donc elle doit être protégée et assistée. Quelqu’un nous disait qu’elle est aussi fragile qu’une porcelaine donc on devrait savoir comment la tenir, pour ne pas la détruire. 

 

Question : 

Ne pensez-vous pas que la soumission à l’égard de son mari constitue une domination ? 

 

Réponse  : 

La base de cette relation c’est simplement le respect, car nos maris sont les pères de nos enfants mais aussi sont nos frères en Dieu. Ensemble nous avons décidé de nous associer dans le mariage pour réussir notre mission de Khalif « vicaire » de Dieu sur terre. 

 

Question : 

Que pensez-vous de la parité, qui est un sujet d’actualité ? 

 

Réponse  : 

Cela dépend de la définition donnée. Si parité veut dire revendiquer les mêmes droits, être égales aux hommes sur tout, alors dans ce contexte là, l’Islam n’est pas d’accord, car l’homme et la femme ont des responsabilités différentes. Par contre si c’est une parité réfléchie qui prend en compte la valeur de la femme et sa responsabilité, dans ce cas l’Islam n’a rien contre. 

 

Question : 

Que pensez-vous du code de la famille ? 

 

 

Réponse  : 

Nous sommes dans un pays laïc, donc le système qui fonctionne n’est pas celui de l’Islam, mais pour le cas du Sénégal beaucoup d’efforts ont été faits pour que le code prenne en compte certaines de nos valeurs. 

 

Question : 

Que pensez-vous de
la Femme et la politique ? 

 

Réponse  : 

Je crois que nous avons dans ce domaine l’exemple de Seydatouna Aicha épouse du Prophète, dans sa participation à la prise de certaines décisions politiques et même aux expéditions. Au Sénégal nous pouvons citer beaucoup de femmes qui se sont faites remarquées dans le champ politique. 

 

Question : 

Etes vous pour ou contre le travail de la femme ? 

 

Réponse  : 

Traditionnellement on octroie à la femme les charges de ménagères ou femme au foyer qui doit s’atteler à l’éducation de ses enfants etc, mais ces occupations ne l’empêchent nullement d’étudier et de travailler, c’est simplement une question d’organisation. Seydatouna Khadîdja était une grande commerçante et pourtant elle  s’occupait bien de son ménage, Sokhna Astou Kane la même chose etc 

 

Question : 

Quelles sont les causes de l’inégalité entre l’homme et la femme sur l’héritage ? 

 

Réponse  : 

C’est tout simplement une question de responsabilité, car c’est à l’homme que Dieu a donné la charge d’entretenir sa famille, pas à la femme. 

Question : 

Le Prophète dit : le paradis est aux pieds des mamans, comment l’expliquez vous ? 

 

Réponse  : 

C’est encore un signe qui montre combien la place de la femme est importante. Nos mères ont cette délicate responsabilité qui consiste à donner la vie, élever, et éduquer, donc les respecter c’est acheter sa place au Paradis. 

 

Question : 

Je vous ai entendu parler d’un thème : femme face à ses sœurs marginalisées ? 

 

Réponse  : 

Certaines femmes par manque d’encadrement, d’information ou même de soutien se sont retrouvées du jour au lendemain dans des situations délicates et pernicieuses. Notre rôle est d’essayer de leur tendre la main, en leur prouvant que la vertu est meilleure que le vice, et tant qu’il y’a vie il y’a espoir pour un lendemain meilleur. 

 

Question : 

Pensez-vous que c’est une tâche aisée de vouloir changer leur façon de vivre, je crois que c’est purement utopique ? 

 

Réponse  : 

J’ai nommé tout à l’heure une grande dame Rabiyatal Adawi, elle est la marraine des femmes marginalisées. Elle a connu un début difficile, car elle-même était prostituée, mais à la fin de sa vie elle fut l’une des plus grandes soufies dans l’histoire de l’Islam. L’être humain ne naît pas mauvais, c’est son environnement qui le transforme et le façonne et fait de lui un bandit ou un saint. Il est cependant vrai que ce n’est pas évident de porter assistance à quelqu’un de ce milieu là, cela requiert beaucoup d’expériences et de savoir faire. Il faut surtout s’enraciner dans ses valeurs pour ensuite s’ouvrir à d’autres. 

 

Question : 

Ne pensez-vous pas qu’une telle entreprise demande des moyens avec un foyer d’accueil ? 

 

Réponse  : 

Tout est dans la main de Dieu, nous avons surtout la foi et la volonté nécessaire qui nous permet d’affronter tout obstacle. Ce qui est surtout important c’est l’assistance morale, créer un climat de confiance, et surtout permettre aux gens de savoir que la dignité est le meilleur des trésors. La vie matérielle n’est qu’éphémère, elle n’est que poussière et comme disait un sage « tout homme réellement vertueux et sage saura supporter sans perdre sa dignité les revers de la fortune et les vicissitudes de la vie. Notre monde n’est pas un monde de roses sans épines ni un ruisseau pur que rien n’altère». Dans notre mouvement nous nous sommes organisés de sorte à avoir une cellule action sociale qui s’occupe de personnes en situations difficiles. 

 

Question : 

Pouvez-vous me parler du rôle de l’action sociale ? 

 

Réponse  : 

Notre responsable nous a toujours donné l’exemple d’une des épouses du Prophète Mohamed qui portait le nom de « Oumoul massakine » « qui signifie mère des pauvres ».  Et notre guide nous recommande surtout de faire l’aumône en cachette et en permanence. C’est chez nous une seconde nature et comme disait Maxwell : « les gens ne tendent pas la main s’ils ne voient pas votre cœur ».. 

La générosité n’est pas simplement matérielle, mais il faut qu’il y’ait une générosité de cœur et d’esprit. Assister matériellement mais aussi moralement. Ce qu’il faut surtout c’est d’avoir confiance en Dieu, car il est véritablement notre soutien à tout moment et Serigne Cheikh nous disait : « Dieu est le meilleur ami ». 

Le volet social ne se limite pas simplement aux dons que nous faisons dans les hôpitaux ou prisons surtout les jours de fêtes etc  mais chez nous l’action sociale est un comportement qui exige : une oreille attentive, une main généreuse et disponible, un verbe qui encourage et réconforte, une prière qui éclaire. N’est ce pas que « la main qui donne est toujours au dessus de celle qui reçoit » 

 


 

VIII     MOUSTARCHIDA ET MARIAGE 

 

Question : 

Qu’entendez-vous par mariage ? 

 

Réponse  : 

Serigne Moustapha nous a appris que chez l’homme, existe 10% d’hormones féminines et chez la femme 10% d’hormones masculines. Ces hormones sont à la base de l’attirance perpétuelle qui existe entre eux, d’où un réel besoin de complémentarité. L’être humain est toujours à la recherche d’un confident, d’une âme sœur, d’une oreille attentive qui sait écouter et comprendre. Il a surtout besoin de tendresse, de réconfort et de chaleur pour faire face aux défis qui se présentent sur son chemin. L’époux n’est-il pas alors le meilleur ami de la femme ? 

 

Question : 

Qu’attendez-vous du mariage en tant que femme moustarchida? 

 

Réponse  : 

Le mariage est simplement une association ou une société, mais dans cette société la moustarchida a choisi son Seigneur comme principal actionnaire. L’homme est imparfait, donc nous ne pouvons lui reprocher son imperfection, mais Dieu lui est parfait, alors pourquoi ne pas tout lui confier. Faire de Dieu notre principal allié. Et ce que nous recommande notre Responsable moral est d’être pour nos époux, ce réfrigérateur qui lui apporte toute la fraîcheur dont il a besoin, d’être ce poste téléviseur qui l’informe, l’oriente mais aussi le distrait, et j’ajouterai même que la femme doit être pour son époux son ordinateur qui lui permet de surfer, dialoguer, jouer et apprendre. 

 

 

 

Question : 

Vous savez on se marie pour le meilleur et pour le pire, que dites vous des querelles ou violences dans les couples ? 

 

Réponse

Comme dit un proverbe wolof, la langue cohabite avec la dent, donc un accident peut survenir du jour au lendemain. L’Islam a proposé des solutions à tous ces problèmes là.  La violence n’est pas recommandée dans un couple, chacun doit respecter son prochain. Et même s’il s’agit de donner une correction, il faut le faire dans les règles de l’art. L’Islam comme vous voyez anticipe toujours dans ce domaine. Nous avons aussi l’exemple concret du Prophète vis-à-vis de ses épouses. Rien dans sa vie privée n’a été négligé pour nous servir de référence. 

 

Question : 

Comment expliquez-vous la crise actuelle du mariage ? 

 

Réponse  : 

Ses causes sont diverses, mais le facteur principal est la dégradation des mœurs. L’homme de même que la femme n’a plus de repère, la majeure partie des mariages sont des mariages d’intérêt, nous ne savons plus ce qu’est la patience, la générosité, le don de soi etc. Nous voulons tout avoir et tout de suite sans le moindre effort. N’est ce pas que Serigne Moustapha disait à propos de la « lune de miel » dont on célèbre la nuit de noce il faut prévoir une autre lune qui est souvent son contraire « une lune de fiel ». Pour dire qu’il y’a toujours une alternance. 

 

Question : 

Avez-vous des critères pour choisir votre époux, doit-il fréquenter obligatoirement votre mouvement ? 

 

 

Réponse  : 

Il est difficile de nos jours de choisir son époux, car les tendances règnent en maître dans nos sociétés. Un homme vertueux, sincère, doux même s’il n’est pas riche, convient mieux à la moustarchida, qu’un homme aisé et pauvre en vertu. Le mouvement est un cadre d’éducation, qui offre à toute personne l’opportunité de recevoir une formation Islamique adéquate. Pourquoi alors vouloir nous enfermer dans un carcan alors que nous prônons l’enracinement par rapport aux valeurs Islamiques mais aussi l’ouverture par rapport au monde qui nous entoure. 

 

Question : 

Etes vous alors pour les mariages mixtes (comme c’est à la mode entre personnes de couleurs et de religions différentes)? 

 

Réponse  : 

Vous savez la foi est un engagement beaucoup plus profond que le contrat de mariage. Il faut croire en une chose avant de s’y engager. Pourquoi alors contraindre ou faire chanter et ne pas donner à l’autre, le temps nécessaire pour comprendre la religion et l’aimer. 

 

Question : 

Souvent l’on compare la femme sénégalaise à une actrice de Cinéma ou une Top MODELE, à cause de son matérialisme, croyez-vous que la moustarchida soit une exception ? 

 

Réponse  : 


La Moustarchida n’a pas un coffre à la place du cœur. Elle a bien sur des ambitions mais des ambitions spirituelles. Pour elle sa richesse réside dans ses valeurs. Elle ne calcule pas ses sentiments ou gestes, pour elle donner est un plaisir, bien se comporter est naturel. Elle n’est pas de celles qui exigent une quantité d’argent comme dote ou premier cadeau. Pour elle le cadeau le meilleur est celui que l’on reçoit tous les jours et Serigne Moustapha disait «  mèye gou deuk » mo gueun mèye gou dieuk ». La fidélité chez elle est une obligation, adorer Dieu est sa raison de vivre. Elle ne rêve pas de villas mais d’un environnement saint, elle ne rêve pas de voiture de luxe mais d’un beau tapis pour ses prières, et ses communions avec Dieu. N’est ce pas que notre guide nous a appris que « Le confort vaut mieux que le luxe » 

 

Question : 

« On ne vit pas d’amour et d’eau fraîche » dit le proverbe, êtes vous prête en tant que femme moustarchida à vous marier avec un chômeur ? 

 

Réponse  : 

Serigne Cheikh disait que les fonctionnaires sont des « esclaves » en quelque sorte, car ils comptent sur leur salaire et non sur Dieu. Cependant Serigne Moustapha nous recommande de nous marier avec des hommes responsables. « Douma mèye Moustarchida Weudeung » « je ne donnerai pas une moustarchida à un homme oisif ». Donc le volet matériel n’est pas chez nous une priorité, il n’est pas très déterminant dans notre choix. L’Islam ne condamne pas les mariages de raison mais il adhère beaucoup plus aux mariages d’amour. Aimer pour Dieu uniquement. 

 

Question : 

Pouvez-vous me dire si l’Islam encourage le célibat ? 

 

Réponse  : 

L’Islam n’encourage pas le célibat au contraire, il recommande vivement le mariage et nous relate ses bienfaits. Mais nous sommes libres d’opter pour le célibat, comme  Seydatouna Rabiyal Adawiya qui avait à un moment de sa vie opter pour l’amour de Dieu mais notons qu’elle s’était mariée avant. 

 

 

Question : 

Pour en revenir au mariage êtes vous pour ou contre la polygamie ? 

 

Réponse  : 

Notre guide nous disait « pourquoi une femme belle aurait-elle peur de la polygamie ? » Oui nous sommes belles parce que nous avons une personnalité musulmane. Nos marraines nous ont surtout appris à démystifier la polygamie. Elles considéraient l’épouse de leur mari comme une amie ou une sœur avec qui elles partagent les mêmes responsabilités. notre coépouse comme l’a dit serigne Cheikh doit être notre « Ndiéké » c’est-à-dire quelqu’un qui mérite de notre part toutes les honneurs. 

 

Question : 

Vous n’avez pas peur ? Vous savez les femmes font souvent usage de moyens mystiques. 

 

Réponse  : 

Dieu est au début et à la fin de toute chose. Sans sa permission toute entreprise reste nulle. Rien n’est alors éternel seule la face de Dieu demeure. Au Prophète Mohamed, Dieu avait donné des versets pour qu’il se protège contre le mauvais sort, ou contre toute agression mystique, donc à tout mal il existe un remède. Mais je voudrais surtout dans ce domaine, encourager nos sœurs à plus se confier à Dieu, car il est le meilleur ami, le plus sûr confident. Nous devons apprendre à lui faire confiance, une confiance absolue, car comme disait Serigne Cheikh « la prière consolide l’espoir ». Les femmes de nos jours ont plus tendance à se confier aux marabouts charlatans qu’à leur Seigneur ou époux. Et tout cela n’apporte que des déceptions 

 

 

 

Question : 

Pensez-vous qu’une forte personnalité puisse éradiquer les jalousies entre coépouses ? 

 

Réponse  : 

Ne nous demandez pas d’être des super femmes, nous sommes des êtres humains, avec tout ce que cela implique. Mais nous sommes pour l’équilibre et la mesure en tout. Seydatouna Aicha était l’épouse du Prophète, et malgré son éducation et son savoir, elle était la plus jalouse des femmes. Toute personne vraiment amoureuse éprouve de la jalousie, mais l’essentiel est que ce sentiment soit passager et que l’on ne se laisse pas aller par des caprices de femmes. Serigne Moustapha disait dans ce domaine « lalou firangué gneupa siy fanane mais l’essentiel moye boussi bideumti ».Le plus important dans tout cela c’est de savoir avec quel homme on partage son foyer. Qui il est ? Qu’attend-il de nous ? Quelle est notre responsabilité ? Quelles sont nos ambitions ? 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IX     MOUSTARCHIDA ET SEXUALITE 

 

Question : 

Que représente pour vous la sexualité ? 

 

Réponse  : 

C’est un acte d’adoration, qui comme tout acte demande au préalable des conditions. 

 

Question : 

A vous entendre parler, vous insinuez que les relations sexuelles doivent avoir un calendrier ? 

 

Réponse  : 

Serigne Moustapha nous disait « On ne pouvait pas se préserver de l’amour ». C’est trop demander à un couple d’établir un calendrier de relations sexuelles, mais pour toute chose il existe des moments et lieux favorables. S’y ajoute la probabilité  de la venue d’un enfant, qui est complexe car elle exige toute notre attention. 

Le Prophète avait donné beaucoup de recommandations à son gendre Seydina Ali concernant les moments favorables pour le commerce avec son épouse. 

 

Question : 

Est-ce que tous ces conseils là ne rendent pas l’acte sexuel ennuyeux, ou contraignant ? 

 

Réponse  : 

Je crois que c’est justement une question d’éducation. Vous savez ce qui fait la différence entre l’homme et l’animal c’est la raison. Les animaux peuvent se permettre d’avoir des relations en plein jour aux yeux de tous mais l’homme est destiné pour vivre dans la noblesse. Il doit se comporter dignement et avec pudeur. Il faut connaître le pourquoi de cet acte sexuel, le comment et savoir le lieu le mieux indiqué. Il est de coutume surtout chez les femmes de vouloir raconter toute leur intimité et s’en vanter ce qui constitue une grave erreur. 

 

Question : 

Que pensez-vous du planning familial ? 

 

Réponse  : 

L’islam parle d’organisation des naissances. Pour une meilleure éducation de nos enfants. Le Prophète nous recommande d’allaiter nos enfants avec le lait maternel, pour que ces derniers puissent hériter de nos valeurs mais en même temps l’allaitement constitue une méthode contraceptive. 

 

Question : 

Les jeunes d’aujourd’hui veulent vivre leur sexualité pleinement, qu’est ce que vous en pensez ? 

 

Réponse  : 

Nous devons rappeler aux jeunes, que la sexualité concerne surtout les couples (mariés), et que tout excès est nuisible. Et Serigne Cheikh nous recommande de chercher toujours l’équilibre en toute chose. Il disait : « c’est l’âme avec son inclination au sacré, c’est l’intelligence avec sa soif de découverte, c’est l’esprit avec ses ressources inépuisables, c’est le corps humain avec son légitime besoin d’aliments nutritifs, la passion plongée dans sa quête d’approfondissement perpétuel et de divertissement mais c’est surtout l’homme élément de mesure qui est là pour en assurer une distribution équitable, sinon tout est obscurité dans le plus obscure des mondes. » 

 

 

 

X  MOUSTARCHIDA ET FAMILLE 

 

Question : 

Comment éduquez-vous vos enfants ? 

 

Réponse : 

L’éducation d’une personne commence bien avant le berceau. Notre responsable Serigne Moustapha nous a appris que l’éducation commence quarante ans avant la naissance par le choix du conjoint.. Il nous a appris aussi que la femme doit se marier trois fois : elle se marie d’abord avec elle-même, ensuite avec son compagnon et enfin avec ses enfants. Cela résume tout simplement 3 étapes que sont : veiller à son éducation d’abord, qui lui permet de bien s’occuper de son époux et enfin de ses enfants.
La Moustarchida, comme je l’avais dit, considère son créateur comme un actionnaire dans cette société qui est son foyer, son ménage. Ce qui fait qu’avant toute chose, elle prend la précaution de parler avec Dieu, de l’informer de ses moindres projets, afin que ce dernier lui apporte son secours et son soutien dans ses projets. 

 

Question : 

Parlez-moi de votre projet d’éducation ? 

 

Réponse : 

Donner naissance à un être humain est un projet, qui nécessite beaucoup de choses. Avant même de concevoir, la moustarchida, doit veiller à ce que toutes les conditions soient réunies. Choisir une date favorable, un moment opportun etc. Prenons l’exemple du cultivateur, il ne va pas aux champs à n’importe quelle période de l’année, Il choisit non seulement la période mais aussi, il se préoccupe d’abord de l’état du sol, y rajouter de l’engrais s’il le faut, etc . C’est dans ce même état d’esprit que doit être les conjoints qui projettent de s’unir pour donner naissance à un enfant.   

Question : 

Vous croyez que tous ces facteurs contribuent à la formation du foetus ? 

 

Réponse : 

L’homme est un chef d’œuvre que Dieu a créé pour nous enseigner. Savez-vous que même l’alimentation, les humeurs, les états d’âme, de même que le milieu influent sur la conception de l’enfant. La femme est le laboratoire du Seigneur, elle est cette usine que Dieu a choisie pour son projet. Donc il est plus que nécessaire de veiller aux conditions de vie de la mère qui symbolise cette entreprise humaine. Et vous savez seule la femme est capable d’affirmer qu’elle donnera naissance à un Roi ou un sage. En vérité seule la femme peut désigner le père de son enfant ! 

 

Question : 

N’est-ce pas prétentieux de sa part de prédire le statut de son enfant qui sera ou non un saint car tout est dans la main de Dieu ? 

 

Réponse : 

Si nous revisitons l’histoire des Prophètes, nous verrons que parmi eux certains ont eu des héritiers indignes de leur rang. Les exemples sont là, et combien sont les femmes qui avaient affirmé donner naissance à de grands hommes, et pourtant elles avaient réussi. Pourquoi ? Parce qu’elles avaient fait du Seigneur, leur amour, elles avaient fait de leur époux un compagnon de lutte. Nos marraines avaient sué sang et eau pour voir leurs rêves se traduire en réalité. Elles ont été d’un comportement exemplaire, elles s’étaient dévouées corps et âme pour leur époux afin de mériter leur rang de mères des croyants. 

Elles n’ont pas attendu la naissance de leur enfant pour le présenter au Seigneur, elles étaient avec le Seigneur bien avant leur projet, c’est pour cela que le foetus qu’elles portaient s’est familiarisé avec Dieu depuis. Le lait maternel qu’elles donnaient à leurs enfants n’était pas simplement du lait, car ces femmes  transmettaient à cette même occasion tout un héritage. Elles n’osaient pas nourrir leur enfant sans faire leurs ablutions, etc… 

 

Question : 

N’est ce pas exagéré de dire que le foetus s’est familiarisé avec Dieu ? 

 

Réponse : 

Bien sûr que l’enfant s’est familiarisé avec son Seigneur, car avant sa conception nous avons prié Dieu, de nous éloigner de satan, et de nous protéger. Vous savez, nous avons appris à l’école de Serigne Moustapha que l’enfant que nous portons même si nous l’appelons foetus enregistre tous nos faits, gestes et paroles.  C’est pour cette raison que surtout en ces  périodes, nous mesurons notre comportement. Nous dialoguons avec cette chair qui nous est cher, mais aussi nous communions avec le Seigneur à qui nous confions tout ce qui nous est cher. Avant de donner notre sein à notre enfant, nous ne manquons surtout pas  de faire nos ablutions, et même quand nous le dorlotons nous sélectionnons les  chansons les meilleures car même s’il dort quelque chose en lui reste éveillé. 

 

Question : 

Etes vous pour une éducation religieuse moderne ou traditionnelle ? 

 

Réponse : 

Les deux à la fois, cela dépend de ce que vous entendez par religieuse ou moderne. L’éducation religieuse ou moderne n’est pas le problème, je pense que l’essentiel c’est de s’enraciner dans ses valeurs religieuses et de s’ouvrir enfin au monde moderne. Nous devons inscrire nos enfants dans l’école de la vie, car les salles de classe sont trop petites, leur formation doit se faire à travers les évènements de chaque jour, les éduquer dans l’adversité. Nous devons leur inculquer le sens de l’observation, leur apprendre à lire à travers la nature, à entendre dans le silence, car Serigne Moustapha nous dit que : « dans le silence et la solitude, on n’entend que l’essentiel ». 

 

Question : 

Qu’attendez-vous de vos enfants ? 

 

Réponse : 

Qu’ils soient des modèles partout, à l’école, sur les terrains de foot, dans les salles de théâtre, et même dans les salles de musique. Je veux qu’ils réalisent ce que nous n’avons pas pu, qu’ils soient les meilleurs  élèves mais aussi les meilleurs disciples. Ils doivent savoir que leur héritage est à la fois scientifique et mystique. Ils ne doivent pas seulement détenir la culture mais aussi l’éducation, le bon comportement bref des valeurs nobles. 

 

Question : 

Ne pensez-vous pas que c’est trop leur demander vu le monde qui les entoure ? 

 

Réponse : 

Le monde est ce qu’il est, et il en sera toujours ainsi. Nos enfants, aujourd’hui ont la chance de pouvoir faire des recherches, d’apprendre par eux-mêmes, tout ce qu’ils veulent apprendre. Alors que leurs aînés n’avaient pas cette chance là. Vous voyez Internet avec toutes ses possibilités. 

 

Question : 

Cette nouvelle tendance d’apprendre par soi-même est peut être dangereuse ? 

 

Réponse : 

Effectivement, mais je crois aussi qu’il faut voir le bon coté des choses, les enfants peuvent profiter des avantages du Net, mais les parents ne doivent pas démissionner et se laisser dépasser par les progrès. Ils ne doivent pas être des spectateurs, Internet n’est qu’un support comme tous les autres. Nous ne devons pas laisser nos enfants livrés à eux mêmes, surfant à longueur de journées sur des sites pervers. Mais nous devons les surveiller de près mais surtout ne pas aussi les étouffer, je ne dis pas que c’est facile mais c’est notre responsabilité. 

 

Question : 

Nos enfants sont victimes de la civilisation de l’audio-visuel, ils ne lisent plus qu’en pensez-vous ? 

 

Réponse : 

Comme vous l’avez dit, c’est la civilisation de l’image, c’est le monde moderne avec tout son cortège de réalités, ces villages planétaires, ces cybers, etc. C’est la mondialisation des tendances, mais nous Moustarchida, nous sommes pour la mondialisation des vertus. Nous avons une mode de vie à promouvoir, une société modèle à exporter. Nous faisons de notre mieux pour que nos enfants même s’ils adhèrent à cette civilisation soient des exemples et constituent une exception à cette nouvelle règle, car ils auront comme confident le seigneur avec qui ils se sont familiarisés depuis bien avant leur naissance. 

 

Question : 

Existe-t-il des sujets tabous entre
la Moustarchida et son enfant ? 

 

Réponse : 

Toute question mérite une réponse, si le parent refuse de répondre, alors certainement quelqu’un d’autre le fera à sa place. Les parents doivent être les meilleurs amis de leurs enfants, leurs meilleurs confidents, et pour cela, nous parents devons trouver le temps nécessaire pour leur parler, pour les conseiller mais aussi pour les écouter. Nos enfants, renferment en eux des capacités énormes, c’est à nous de les aider afin qu’ils puissent en tirer le maximum de profit. Nous devons accepter en tant qu’éducateur de changer d’uniforme en acceptant de retourner à l’enfance non seulement pour leur faire plaisir mais pour qu’il puisse y’avoir une communication saine. Nos enfants demeurent nos frères et sœurs en Dieu, car même s’ils sont petits de taille, nous ne pouvons mesurer la dimension de leur âme. Notre responsable nous a raconté l’histoire de ce sage, qui, frappé par la beauté morale d’un jeune passant lui demanda : « mais qui êtes vous ? De quelle famille êtes-vous » ? Et l’enfant lui répondit : « je suis l’enfant de la vertu. » 

 

Question : 

Quel sens donnez-vous à la famille ? 

 

Réponse : 

Elle est simplement un cadre d’éducation, une société en miniature, où toutes les couches de la société sont presque représentées. Le père joue un rôle particulier qui est celui de chef de famille qui est là pour diriger, et la mère éduque et gère, les grands parents quant à eux encadrent et donnent des conseils. Ces familles que l’on appelle grandes familles nous donnent un sens de la solidarité et du partage. Nous vivons en communauté donc nous ne sommes pas libres d’agir, nous appartenons à un groupe, auquel il faut être solidaire, et ce groupe a des règles de base. L’aîné a un rôle particulier à jouer, le papa n’est pas uniquement le paternel mais ce sont toutes les personnes qui ont le même âge que notre papa, ainsi de suite. 

 

Question : 

Préférez-vous les grandes familles aux familles nucléaires ? 

 

Réponse : 

En tout cas, dans les grandes familles chacun participe à la formation de l’enfant, et il a alors plus de chance de collectionner les vertus qui feront de lui un responsable dans tous les sens du mot. 

 

Question : 

Combien de sourates dans le Coran parlent de la femme ? 

 

Réponse : 

Si je ne me trompe 56 versets parlent des problèmes de la femme, et souvenez vous il y’a une sourate particulièrement dédiée à la femme qui est appelée « souratou Nissa » 

 

Question : 

Dans combien de conférences Serigne Moustapha a-t-il parlé de la femme ? 

 

Réponse : 

Je suis tentée de dire dans toutes ses conférences il aborde les problèmes de la femme comme disait notre Responsable moral « la femme porte la moitié de l’humanité et constitue l’autre moitié ». Mais les conférences qui m’ont le plus marquée sont : Rahma, Dieuppeul. 

 

Question : 

Je vous remercie de votre disponibilité et à la prochaine fois. 

 

Réponse : 

Merci à vous aussi. 

 

15 réponses
  1. assy kebe
    9 juin, 2010 | 2:12 | #1

    ayant ces « sokhna » comme modèles et références, qussi les paroles de notre RM: »la femme est le baromètre de la société,elle doit etre le miroir où reflète l’image d’une societé modèle. » l’avenir de la société dépend de nous car chaque femme represente une société,donc si une une femme a peri c’est tout une société qui a péri!

  2. assy kebe
    9 juin, 2010 | 2:18 | #2

    j’aimerai aussi qu’on parle d’une interrogation qui préoccupe tant les femmes et les hommes d’aujourd’huit: »comment gérer le ménage et le travail? »

  3. assy kebe
    10 juin, 2010 | 13:58 | #3

    slm,merci encor dy ajouter d’autres quetions, comme tu l’avais di ce site appartient à tous les moustarchid et que ces interrogations concernent toutes les femmes de l’humanité.

    l’avenir de cette dernière dépend de nous,après avoir confié aux hommes le monde materiel,Dieu nous a confié le monde humain,comme tu viens de le dire c’est une très lourde responsabilité mè elle est devenue moins lourde car notre responsable morale nous a orienté vers le droit chemin!

    yalla nako yalla fay yiw,arko té samalgnouko!

  4. fall
    19 juin, 2010 | 0:04 | #4

    salam ak ziar je partage vtre point vde vue sur cetv question j vs encourage et ayé l’amour du savoir mais surtout nayé d complex d’aucune intelectuel

  5. cheikh tidiane dieng
    21 juin, 2010 | 20:58 | #5

    je veut ecris quel choses mai les vocabulair me manque khawma kou done tontou li waye yalnako yala sam ar ko ak mboleme moustarchida yeup incha alah gorgor lou rek te fekhe sen blog bi tass comme nieup meun ssi djarignou incha alah.

  6. absa lo
    4 juillet, 2010 | 23:43 | #6

    salam suis vraiment contente de votre travail bonne continuation

  7. mam sophie ndiaye
    8 juillet, 2010 | 13:47 | #7

    salame mbokki passepasse yi.magui rafètelou takhawa yi;di gnane yalla mou tèle gnou sounou passepasse.sammal gnou sounou »RM ».

  8. 8 juillet, 2010 | 13:51 | #8

    MERCI ENCORE QUE DIEU VOUS BENISSE

  9. mame sophie ndiaye
    8 juillet, 2010 | 14:48 | #9

    la femme moustarchida est la femme »choisie par dieu ».nous serons les mamans des futures cadets,des responsables,des encadreurs,des moniteurs etc.donc nous reprèsentons notre « RM »partout ou nous sommes.nous sommes des « yayoudaara ».l’image du DMWM est entre « nos mains »….

  10. 8 juillet, 2010 | 15:01 | #10

    Tu as raison nous sommes responsable de l’éducation de nos enfants, donc le défis est entre nos mains, et le RM a confiance en nous donc nous devons tout faire pour nous perfectionner.

  11. Abdoulaye BA
    8 juillet, 2010 | 17:54 | #11

    vraiment rien a dire lèpe mote na yala na lène yala fèye tè same Sou gnou Responsable moral si barkè mame cheikh

  12. 8 juillet, 2010 | 18:41 | #12

    Dagnouye dièm rek car toole bi yatouna té kène manoul fèye SM, donc nous ferons de notre mieux pour faire passer le message,merci encore

  13. Astou Kane DIOP
    14 juillet, 2010 | 18:14 | #13

    sokhnassi dieureudieum gnounguilaye bayi ak sounou mame mou fayalgnoula. vous faites un travail remarquable. et ce qui m’a fais le plus plaisir c’est d’avoir retrouvé la photo de mon homonyme que j’ai tant recherché. moi ma maraine c’est sokhna Astou kane et on n’avait vraiment besoin de cette espace pour pouvour communiqué.guiss sa mbokou pass pass dafa nekh. Serigne moustapha meunouqgou ko faye ndakh dafagnou defale lou diaffé gnou barri yalla nagnouko yalla lakhal fa lokho yakh kat agoule.

  14. 14 juillet, 2010 | 19:17 | #14

    Merci sokhnaci yaw aussi yalnala yalla fèye. vous participez tous pour la cause donc gnepa bakh.

  15. mame wade
    6 février, 2011 | 1:30 | #15

    slt je s8 tres contente et tres fiere detre moustarchida.J ne sait pas de koi vou dire mai yalla xebb dolli thi barké mame

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